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16 déc. 2018

LE GABON EN DANGER : LA CRISE POUR LE CHANGEMENT

Une sévère crise financière couronne la crise socio-économique. Les deux s’imbriquant par une implacable logique à l’interminable crise post présidentielle. Ceux qui disent que « la présidentielle est derrière nous », « que l’économie du Gabon se porte bien » peuvent-ils affirmer que les décisions prises par le gouvernement émergent lors du conseil des ministres du 21 juin sont de simples ajustements passagers ou sont-elles l’aveu officiel et public d’un Etat en situation de total échec. 

3 mars 2014

L’ÉMERGENCE PAR "GABON D'ABORD" POUR MODERNISER ET ACTUALISER "L’UNITÉ NATIONALE"

Les propositions qui sont adressées aux responsables étatiques par les honnêtes citoyens, débarrassés de tout subjectivisme, et par les partisans désintéressés de la MRE, sont moquées et non prises en compte. 

Dans cet article, nous suggérons quelques pistes de réflexion aux acteurs sociopolitiques, socioculturels, socioéconomiques et financiers qui forment le groupe des incontournables  gestionnaires du Gabon  émergent.  

Il faut mettre en œuvre une "économie solidaire" à travers les projets nationaux intégrateurs. Pour cela, la Nouvelle Economie Politique Officielle (NEPO), doit se donner un volet social innovant fondé sur l’encouragement et l’appui à l’initiative privée nationale.

Face à la gestion politique scabreuse du PDG, bientôt ou tard, le milieu politique connaîtra une configuration qui pourrait débuter par une ouverture politique qui, pour être salvatrice et maîtrisée, doit être initiée et conduite sous le strict contrôle du chef de l’Etat. 

Les cas d’indiscipline signalés parmi les conseillers-électeurs pédégistes  lors des votes des conseils locaux ne sont que des signes avant coureurs qui indiquent qu’un examen global de « l’état du Gabon » est devenu nécessaire. 

Sans cela, une géante vague sociale, formée par « la masse silencieuse » des « non inscrits », les compatriotes qui ne sont membres d’aucun parti politique, pourrait balayer les stratégies et les montages politiques tactiques du plus grand parti de la MRE et du pays. Pour n’avoir pas appliqué la résolution relative à la présentation des listes communes « au cas par cas », prise à la réunion des chefs des partis de la Majorité, le PDG va s’obliger à collaborer, non pas avec ses compagnons, mais  avec certains de ses adversaires dans la gestion des conseils, avec le risque de crises en cascade. 

Le PDG est vieillissant, il faut : soit le restructurer et le transformer complètement, soit le remplacer par un nouveau parti politique qui serait le reflet de la politique d’émergence qu’Ali est en train de dessiner. Il ne faut pas être magicien ou voyant pour constater qu’il y a un véritable décalage, un vaste fossé entre les objectifs « idéologiques et fonctionnelles » du PDG et les bases de la nouvelle économie politique officielle (NEPO). 

Quoiqu’encore limitée et maladroite, la mise en place de ce que nous qualifions de « démocratie socioéconomique », que le chef de l’Etat initie par l’intermédiaire d’une politique sociale et solidaire destinée aux gabonais les plus défavorisés n’atteint que très timidement une infime minorité des intéressés. 

Le montage d’une économie libérale et solidaire doit nécessairement et obligatoirement s’accompagner d’un système politique démocratique et responsable impulsé par les personnalités dirigeant des partis politiques sérieux et expérimentés. C’est dans les réalisations économiques bénéfiques pour la masse des gabonais nécessiteux, et dans la prise des décisions justes et saines qu’il faut aller chercher les outils pour combattre et changer l’idée, vraie ou fausse, suivant laquelle : « les gabonais n’aiment pas Ali ». 

Les gabonais, hommes et femmes jeunes doivent davantage apparaître dans les structures et les institutions qui incarnent l’Etat, en commençant par la Présidence de la République. Le désamour d’une grande partie du peuple gabonais pour son Président se trouve d’abord dans l’insuffisance, l’absence de présence ou la sous représentation des gabonais autour de lui. 

C’est certainement par patriotisme, et nullement par fantaisie, par effet de mode ou par hasard que le vieux slogan « Gabon d’abord » a conservé son charmant attrait jusqu’aujourd’hui. 

Le Gabon et son peuple ont contribué, à toutes les époques, de la coloniale à l’indépendance jusqu’à maintenant, au progrès des autres pays francophones sans gains retours significatifs. Ce fait est installé de façon indélébile dans la mémoire des gabonais conscients. 

Seuls ceux qui ne connaissent pas l’histoire du pays peuvent négliger cette donnée historique qui se perpétue et se pratique sous diverses formes actuellement. Sous Omar Bongo, « l’unité nationale » était avant tout et surtout une idéologie à connotation politique voire politicienne qui était véhiculée, défendue et appliquée par des politicards médiocres, vénaux et veules qui l’ont transformée en un slogan vide de sens. 

Ali doit « moderniser » cette référence (Unité nationale) et lui  donner « une valeur adaptée », conforme au contexte du moment. Cette « modernisation-actualisation de l’unité nationale » devrait prendre sa source dans l’harmonisation des projets, des programmes, des plans nationaux fédérateurs (dont le processus est décrit dans le schéma directeur national des infrastructures) de développement avec leur traduction et leur transposition dans les discours des acteurs politiques des directions des partis de la MRE. 

Les comportements des élus locaux du PDG qui sont qualifiés d’indiscipline par certains analystes et observateurs traduisent une vérité fondamentale que les gouvernants ne peuvent pas percevoir parce qu’ils sont trop absorbés par leurs responsabilités, et par la gestion de leurs intérêts personnels. 

Cette vérité est que le peuple a besoin d’unité, de justice, de solidarité et de patriotisme : « Le pays doit être géré au centre » et non par la dictature d’un seul parti, le PDG, dont les victoires sont souvent contestables et contestées.  « Gérer au centre » ne signifie pas forcément entrer au gouvernement, c’est faire en sorte que des gabonais expérimentés et talentueux prennent par au fonctionnement du pays, en commençant par  les institutions républicaines et d’autres centres de décisions : voilà la substance du message des élus PDG qui votent pour les non pédégistes en direction de leur chef. Cette attitude est louable, par ce qu’elle est teintée de patriotisme. 

Cela ne doit bien évidemment pas remettre en cause l’existence des partis, ce qui porterait un coup à la liberté d’expression dont nous sommes friand. Le message est clair. Avant et depuis 2009, le peuple politique a besoin de consensus et d’une démocratie assainie. 

Ce besoin a été mal exprimé par la tapageuse et maladroite demande de la tenue d’une « Conférence nationale souveraine » quelques mois seulement après la présidentielle. 

A cette occasion nous avons eu, et encore maintenant nous avons la preuve qui confirme que le PDG-émergent est mal géré. Il est moins bien géré qu’au temps d’Omar. 

Quel élu PDG-rénovation pouvait donner son vote à un candidat tiers sans son onction ? 

Répétons que le PSGE est porteur d’espoir et de grandeur pour le pays. Il doit être méticuleusement mis en œuvre, sans précipitation, sans excès d’optimisme et sans fanfaronnades. Le PSGE doit privilégier les « projets nationaux intégrateurs » à court et moyen terme que sont les infrastructures de communications (qui font désormais partie du social, en particulier à Libreville), au nombre desquelles les routes nationales, les voiries urbaines, les moyens de transports fluviaux et maritimes et leurs quais et embarcadères. 

C’est à travers les projets de ces secteurs que l’Etat doit affirmer le principe de solidarité sociale et la mission de service public dévolue à son administration, en laissant au secteur privé une place de premier rang dans le transport aérien.  

Au titre des projets de l’émergence que nous qualifions « projets nationaux intégrateurs ou fédérateurs», il y a bien évidemment « l’action sociale » de l’Etat. Ici, les priorités et les urgences sont la santé, les logements, le coût de la vie dans les capitales provinciales et l’emploi qui doit être soutenu par le secteur privé avec l’accompagnement de l’Etat pour la création des entreprises petites et moyennes (PME)… 

Aussi, le plan de modernisation et d’actualisation de l’Unité Nationale à travers le PSGE doit s’appuyer sur un volet « PME gabonaises » qui deviendrait l’outil de la politique de l’émergence en matière de création d’emplois des jeunes, avec pour préalable, la confection d’une « stratégie patriotique de promotion des entreprises : SPPE» orientée vers l’auto emploi. 

La politique sociale traditionnelle de l’Etat, qui consiste à aider les plus vulnérables, à lutter contre les inégalités sociales en créant des organismes spécialisés pour une justice sociale, doit être complétée par d’autres formes et modes de solidarité. 

« L’aide à l’initiative entrepreneuriale privée » est à intégrer dans la Politique sociale de l’émergence. Cette politique de création d’emplois doit bénéficier du soutien des sociétés aux capitaux publics gabonais. 

La formation d’une classe d’entrepreneurs nationaux passent par la solidarité entre les sociétés qui existent et qui ont réussi et celles qui sont en difficultés ou en création. 

Il faut donc compléter les rapprochements politiques qui se font « spontanément » entre les élus PDG et les autres, par un plan d’insertion et de renforcement des nationaux dans les activités économiques du pays. Investissement pour placer les nationaux dans le monde des affaires relève du patriotisme et comporte un risque que nous connaissons pour l’avoir affronté et vaincu par moments. Ce risque est vivace par ce que depuis plusieurs années, les gabonais sont exclus du monde des affaires, de ce fait, ils n’ont ni expérience, ni esprit entrepreneurial qui s’acquièrent par la pratique expérimentale de la gestion d’une entreprise. 

Il revient aux experts de l’émergence d’enrichir le PSGE tout au long de sa mise en œuvre et de l’intégrer habilement et fortement dans le discours politique mobilisateur du chef de l’Etat. 

Il ne s’agit pas de réciter l’affirmation selon laquelle « on veut faire du Gabon un pays émergent… Que des chantiers sont en cours pour la concrétisation des projets programmés etc. », il faut développer la stratégie économique de l’émergence en y intégrant un puissant volet social à conceptualiser politiquement…. 

Le PSGE gagnerait à être expliqué clairement et en permanence aux populations. Les cadres et experts qui sont les plus proches du chef de l’Etat et qui sont les metteurs en scène privilégiés de son projet de développement économique et de progrès social ont le devoir de maîtriser ses contours et de l’enrichir : pas en théorie, mais pratiquement.   

30 sept. 2013

MISÈRE, MALHEURS ET ESPOIRS DU SECTEUR AGRICOLE GABONAIS

Depuis plus d’un demi siècle, les dirigeants coloniaux d’abord et ceux de l’Etat gabonais post colonial ensuite n’ont pas réussi, et ne réussissent toujours pas à créer au Gabon, un secteur agricole solidement intégré dans les activités économiques productives nationales.  
Et, toutes les tentatives qui ont été entreprises n’ont pas réussi à installer les activités agricoles dans la durée. 
Est-ce le fait de la malédiction, de l’incompétence, de la négligence ou d’une volonté délibérée pour maintenir ce stratégique secteur dans un état archaïque et primitif ? 

L’initiative du Ministre de l’agriculture consistant à organiser une table ronde  sur « le rôle des gouvernements  dans l’intensification des impacts positifs de l’industrie agricole », quoique louable, apparaît comme une orientation hors réalité, une tentative abusivement positive en ce qui concerne l’organisation et la capacité de production de ce secteur au Gabon. 

Peut-on parler d’une industrie agricole gabonaise ayant des impacts positifs ?  
Où et comment se manifestent ces impacts positifs qu’il faut intensifier ? 
Sur la création des emplois ? 
Sur la structuration du secteur agricole ? 
Vivrier ou d’exportation ? 
Sur la contribution du secteur à la création de la richesse ? 
Quand des experts et des dirigeants étatiques parlent de « filière agro-industrielle », de quoi et de quelle agriculture est-il question ? 

La table ronde semble avoir porté à la fois sur l’agriculture dite industrielle, de rente ou d’exportation et sur la vivrière, peu productive, utilisant une faible main d’œuvre non qualifiée et souvent exercée par les autochtones sur des superficies étriquées aux qualités cultivables non validées scientifiquement. 

Naguère, les plans de développement coloniaux puis du Gabon indépendant définissaient des orientations, des objectifs et des financements pour la promotion de ces deux formes d’agriculture. 

La première traitait de la production du paddy, du manioc, de la banane, des taros, de l’igname etc. 

La seconde comprenait le cacao, le café, les palmistes. 

Les programmes initiés dans ce secteur à deux volets n’ont pas atteint les objectifs fixés ; en particulier, celui de constituer un secteur agricole structuré, performant assurant une auto suffisance alimentaire et contribuant significativement à la formation du PIB. Deux admirables projets conduits, l’un dans la province de la Nyanga par les chinois pour la culture du riz dans le cadre de la coopération officielle entre le Gabon et la Chine et l’autre, à Nkolayop,  dans la province du Woleu-Ntem, par un investisseur privé gabonais visaient à insérer une activité agricole pérenne dans ce secteur. 

D’autres expériences plus anciennes n’ont pas pu se perpétuer jusqu’aujourd’hui pour des causes et des raisons diverses et variées. Au Gabon, il n’y a pas d’industrie agricole. 

Cependant, quelques actions pilotes ont fait la preuve que l’agriculture est une activité qui peut s’exercer dans le pays. La majorité des espaces cultivées par les nationaux sont souvent de petites dimensions situées dans les zones rurales, à proximité des villages situés le long des routes ou des cours d’eau. Leurs productions ou surplus de productions sont acheminés par voies terrestre ou fluviale vers les marchés qui sont les plus porteurs ; en particulier ceux des capitales des provinces. 

D’abord cantonnées aux alentours de ces marchés privilégiés, progressivement les centres de productions s’en sont quelque peu  éloignés, sous l’effet de l’amélioration des conditions générales du transport terrestre en particulier de la qualité des routes. Si le chemin de fer est perçu comme réservé au transport des minerais et du bois la route, par le cabotage, est considérée comme le mode de transport de masse adapté à la libre circulation des personnes et à l’évacuation contrôlée des produits agricoles vivriers. 

Les difficultés liées à la nature et aux caractéristiques spécifiques des activités agricoles sont connues. Elles se composent des principales phases suivantes : choix du lieu de l’implantation des unités de production, choix des espèces de pépinières et des plants à cultiver ; connaissance des propriétés et des qualités des sols ; dimensions des plantations, direction et gestion des exploitations, quantité de la main d’œuvre,  désherbage et déforestage,  binage, sarclage et plantation ; entretien des  plants et lutte contre les attaques des prédateurs : insectes, oiseaux, animaux dont les éléphants, lutte contre les caprices du temps liés aux saisons, récolte, conservation et transport des produits du lieu de production au lieu de commercialisation, fixation des coûts de production et des marges bénéficiaires, le traitement et la conservation des invendus, etc. 

Il ne s’est guère dégagé de la faible population du Gabon, un groupe de nationaux déterminés et décidés à affronter victorieusement ces exigences que les activités agricoles et la rudesse des intempéries des saisons imposent. 

Pourtant, avant l’indépendance du pays, une intense activité agricole mobilisait une partie des actifs dans ce secteur qui s’est progressivement affaibli au cours des premières années de l’indépendance du pays. Un bref regard sur le passé montre que l’agriculture a toujours été une préoccupation majeure des gouvernants. Déjà, dans les plans coloniaux de développement de l’AEF, le secteur agricole occupait dans les discours, une place privilégiée qui n’était pas confirmée par la répartition sectorielle des ressources. 

Les autorités politiques et économiques coloniales avouaient leur pessimisme sur l’évolution de l’agriculture vivrière en constatant sa  faiblesse et sa désorganisation. En revanche, elles espéraient développer l’agriculture dite industrielle à vocation exportatrice dont les moyens matériels de production étaient avancés. 

Les plans gabonais de développement de l’agriculture ont toujours distingué les deux catégories d’agriculture. 

Dans le premier plan décennal de l’AEF (1947-1957), l’accent était mis sur les infrastructures, la production et les dépenses sociales. Les priorités du Territoire du Gabon portaient sur la recherche, l’agriculture, les activités forestières, les infrastructures de communications et l’exportation minière qui était à ses débuts. 

En 1950, un décret créa et fixa les modalités d’organisation et de fonctionnement des Secteurs de Modernisation agricole (SMA) à créer. L’inspecteur Général de l’agriculture en AEF écrivait que : « ce qui frappe, c’est l’état arriéré de l’agriculture africaine et l’improvisation. L’agriculture n’est pas encore le puissant levier d’équilibre économique, d’essor industriel et d’évolution sociale qu’il importerait de posséder… alors qu’elle est le fondement obligé du progrès général » et d’ajouter : « qu’il fallait s’attaquer à la réorganisation de la recherche agronomique, à l’achèvement des services agricoles territoriaux, à la main d’œuvre, à l’institution du crédit agricole au sens large, à l’éducation professionnelle de la société rurale en vue de préparer sur des bases solides des structures coopératives… Les conditions de réussite de cette politique agricole étaient : son application totale coordonnée par une action technique (recherche et propagande) ; la formation d’une main d’œuvre et l’appui aux producteurs » (Marchés Coloniaux n° 305 du 15/9/1951), conformément à l’orientation politique dont le contenu essentiel était de procéder à une industrialisation de l’agriculture dans toute l’AEF. 

A la demande du Ministre de la France d’Outre Mer, des zones propices à la création des plantations à production intense réunissant les conditions les plus favorables de fertilité, de facilité d’accès, et, où la mécanisation pouvait suppléer à la rareté de la main d’œuvre, furent choisies. 

Parmi celles-ci, on citait : Ntoum, Akok, Fernan-Vaz, Adzebé, Kango, Bifoun et Mvily. Le secteur Bifoun-Mvily, écrivait Durand-Réville, Sénateur du Gabon, présente le très gros avantage d’être situé de part et d’autre de l’Ogooué, ce qui constitue une très bonne voie d’accès… 

Les sols y sont meilleurs que ceux qui ont été étudiés par les prospecteurs, tant en Oubangui-Chari qu’au Cameroun, et dans d’autres zones du Gabon ». Le terrain de relief était estimé à 10.000 hectares. C’est ce secteur, concluait le Sénateur, qui réunit le plus de facteurs favorables (MC n° 446 du 29 Mai 1954 p 1517). 

Les produits retenus pour leur mise en valeur  étaient, pour l’agriculture vivrière : le riz, la banane, le manioc, les taros, l’arachide ; et pour les cultures d’exportation : le café, le cacao, les palmistes. Les objectifs de la structuration du secteur agricole étaient clairs. Ils consistaient à fixer les paysans sur leurs terres en les rendant propriétaires des parcelles dans des villages de paysannat, à multiplier les centres pilotes d’expérimentation agricole, répandre l’hydraulique agricole et pastorale pour améliorer les conditions de vie des populations en couvrant les besoins alimentaires  du Territoire. 

Quant à l’agriculture industrielle, l’objectif était de spécialiser les régions. Ainsi, le cacao, la plus ancienne culture d’exportation était localisée depuis 1959 dans l’Ogooué-Ivindo et le Woleu-Ntem; il était prévu de l’étendre à Ndjolé dans le Moyen-Ogooué. Le café était cultivé dans l’Ogooué Ivindo, l’Ogooué-Lolo, le Woleu-Ntem et le Haut-Ogooué. les oléagineux cantonnés dans le Moyen-Ogooué et la Nyanga. Avant 1960, une société PALMEVEA de 800 ha de plantations et une huilerie privée SOGABOL étaient installées à Lambaréné ; la COOPALMO, la Coopérative de palmeraie de Moabi dans la Nyanga. Cette stratégie d’industrialisation du secteur agricole gabonais bénéficiait de l’encadrement des Instituts de Recherches  Appliqués à l’exemple des Instituts de recherche des huiles et oléagineux tropicaux (IRHO), l’Institut des fruits et agrumes tropicaux (IFAC), la compagnie française pour le développement  des fibres textiles (CFDT) ; la compagnie générale des oléagineux tropicaux (CGOT). 

En 1954, le gouverneur du Gabon disait à la 2ème session de l’Assemblée Territoriale : «  l’effort fait pour la mise en valeur de la terre gabonaise demeure encore insuffisant, et doit être accentué dans les années à venir par le renforcement et l’encadrement de l’agriculture, l’accession des cultivateurs à la propriété du sol, l’aide aux paysans grâce aux prêts agricoles »

A côtés des cultivateurs artisanaux se tenaient les sociétés dites d’Etat (SE) ou d’Economie Mixte (SEM) qui concrétisaient la présence des capitaux privés dans le secteur agricole local. A l’indépendance des sociétés et autres organismes prennent le relai des instances coloniales et se chargent de l’encadrement, de l’expérimentation et de la mise en œuvre des projets et des programmes agricoles nationaux. 

En juillet 1974, un conseil des ministres décide de la construction à Lebamba, d’une huilerie de traitement d’arachides et de palmistes qui n’a jamais vu le jour. En 1977 fut créée la Sepoga. 

En 1980, Agrogabon, Siat actuelle, reprit Palmevea et Coopalmo. D’autres sociétés agricoles furent créées suivant la logique de la provincialisation coloniale. Des essais de la culture de canne à sucre ont eu lieu à Lambaréné, Cocobeach, Tchibanga et Franceville qui fut retenu et vit la naissance de Sosuho qui nécessita un investissement de près de 16 milliards fin 1980. 

Le projet hévéaculture prévu près de Mitzic dans le plan 1976-1980 et repris dans le plan intérimaire 1980-1982 ne fut pas exécuté et connait présentement des difficultés. Un programme cocotier avait été identifié à Mayumba sur 5.000 ha, il ne se concrétisa pas. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil. 

Le Gabon a une connaissance suffisante de la géographie culturale dessinée par les colonisateurs, il existe surement des archives. 

Il reste à Monsieur le Ministre de faire vérifier par ses experts si les zones retenues pour les projets sont encore disponibles pour une implantation des activités, si les projets et les cultures prévues sont toujours rentables, si non, redéfinir d’autres bases en relation avec les besoins des marchés local et extérieur. 

La stratégie ancienne contient de précieuses données qui devraient être examinées et, en cas de besoin, actualisées et adaptées. Avant une «table ronde  sur le rôle des gouvernements  dans l’intensification des impacts positifs de l’industrie agricole », il faut faire l’inventaire et l’évaluation des projets, programmes, expériences agricoles gabonais (de 1946 à 2006) sous tous leurs aspects : humains, financements et partenariats techniques, matériels, institutionnels, types de cultures… en vue de la mise en œuvre d’une politique nationale agricole émergente par étapes contrôlées, en relation et en coordination avec les politiques des pays de notre sous-région.   

12 août 2013

COMPRENDRE L’ÉMERGENCE : ÉMERGENCE ECONOMIQUE, DÉMOCRATIE POLITIQUE ET GOUVERNANCE PUBLIQUE.

La quasi totalité des Chefs d’Etat africains ont fait le libre choix de placer leur développement économique et social sous le label de l’émergence. Ainsi baptisée, l’émergence qui n’avait que quelques géniteurs internationaux en compte désormais plusieurs, dont certains parrains, chefs d’Etats africains francophones. 

Ce concept qui revient comme une mode est pourtant usité et pratiqué depuis plusieurs années. Parler d’émergence signifie que l’on y a pensé, que l’on y pense et que l’on se compare à ceux qui en sont ; c’est surtout parler de changement. 

Vouloir l’émergence, c’est vouloir le progrès. Il y a dans les sociétés du tiers monde africain, une forte demande de bien-être de la part des populations les plus fragiles. L’insatisfaction de cette demande par les gouvernants a provoqué une paupérisation rapide et étendue parmi les habitants. Les multiples réactions violentes qui surviennent à travers le monde et qui prennent, ces derniers temps, des formes extrêmes dans certains pays, sont le résultat de la mauvaise gouvernance, qui est la cause du très fort déficit de satisfaction des besoins basiques des peuples. 

Ces besoins ne sont plus qu’alimentaires, ils sont aussi politiques, culturels, spirituels, moraux… 

Le face à face entre la mauvaise gouvernance et la pauvreté est à l’origine des crises diverses et variées qui secouent les sociétés en développement. 

Quand moins de 2% d’individus détiennent près de 96% de la richesse d’un pays, cela constitue objectivement une bombe à retardement dont l’explosion est contenue par les promesses démagogiques, les paroles de consolation et les programmes fallacieux. 

La bonne gouvernance devient ainsi une obligation pour les dirigeants, et un motif de contestation et de remise en question des politiques publiques par les citoyens. Gouvernance rime avec émergence et toutes deux sont porteuses de progrès et connotées d’espoir. 

De là, elles sont intimement liées au point que l’une n’est rien sans l’autre. Si la gouvernance était concrètement mise en œuvre, elle faciliterait et aboutirait à l’émergence. A contrario, il faut retenir que la gouvernance, la bonne gouvernance, est une obligation et une composante de l’émergence. 

Dans leur permanente quête de développement, les Etats africains sont passés par plusieurs étapes en adoptant des schémas et des montages économiques et financiers fabriqués, pour la plupart, par les experts des riches pays dits développés ou industrialisés et destinés à l’usage des équipes dirigeantes africaines. 

Ces offres de progrès, les unes plus mirobolantes que les autres, n’ont eu pour effet que de renforcer l’enrichissement d’un groupe d’étrangers et de nationaux, privilégiés et dominants, qui ont jumelé ces plans économiques avec des plans politiques endogènes consistant à se maintenir à demeure au pouvoir pendant que les masses, toujours miséreuses, incapables d’accéder par elles-mêmes aux richesses du pays, se détournaient et se désolidarisaient de la politique de leur pays. 

Au Gabon, les 42 ans d’Omar Bongo Ondimba sont un record qui sera difficile à battre, voire à égaler. 

Au début des années 90, au sortir des systèmes de partis uniques qui étaient la principale cause du blocage de l’éclosion et de la promotion de l’initiative privée en Afrique, la poursuite du développement a coexisté avec le démarrage d’une démocratisation politique. 

Les plans et schémas de développement concoctés par les pays développés et proposés aux sous-développés avaient des appellations variées : coopération, plan d’ajustement structurel (PAS), partenariat, aide au développement, initiative pays pauvres très endettés (PPTE) etc. 

Certains pays, comme le Gabon, optèrent pour le schéma rostowien qui valorisait la notion, non pas « d’émergence économique », mais celle de « décollage économique » qui fut intégrée et insérée dans la phraséologie et le discours politiques, par les intellectuels de l’époque qui voulaient paraître savants. 

La preuve a été donnée par l’inapplication du « Libéralisme économique démocratique et concerté » dont la médiocrité des résultats n’avait d’égal que l’allégeance faite au Chef du cartel des riches. 

Les africains ont rarement élaboré une « économie politique » fondée sur les réalités locales et appliquée par un groupe de patriotes rigoureux, sérieux, compétents débarrassés de toute envie de s’enrichir rapidement et abondamment. Les offres et les propositions de progrès des personnalités politiques sous la forme de « projet de société » ne traduisent et n’intègrent qu’imparfaitement les grands maux  qui retardent et déstabilisent les sociétés noires. Et, quand un projet contient quelques menues solutions aux difficultés réelles en présence, comme le projet « Les Actes pour le Gabon » d’Omar Bongo Ondimba, son exécution est annihilée par la paresse et les détournements des fonds et des objectifs par ses responsables. 

Certains projets porteurs de dimension nationale, initiés avec l’appui des partenaires étrangers, n’ont pas débuté ou ont été purement et simplement abandonnés, par ce que des « rétro commissions » n’ont pas été versées à certains cadres ou politiques. 

En français facile, émergence signifie l’apparition, la naissance soudaine ou graduelle et progressive d’un phénomène. L’émergence n’est nullement une génération spontanée, qui survient ex nihilo. 

L’émergence telle que vécue par les pays qualifiés à ce jour de « émergents » est un parcours long, exigeant, collectif qui nécessite rigueur, méthode, expérience et sérieux. Un peuple ne peut pas émerger en rejetant ses valeurs culturelles fondatrices, en dansant et en festoyant sur un gisement d’or (comme dirait un salaud à P.C. Akendengue) dont la commercialisation doit permettre des entrées de fonds pour le développement de la multitude. 

Les pays comme le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine, l’Afrique du sud, la Turquie, l’Arabie Saoudite, l’Indonésie, l’Argentine et le Mexique etc. qu’on qualifierait actuellement de pays émergents, ont mis en place un cadre logique originaire reposant sur des objectifs, des standards, des normes et des critères d’évaluation de l’exécution des actions planifiées. 

Espérons que les dirigeants des Etats noirs d’Afrique qui font le choix de l’émergence ont conscience de la mesure et du degré de leur engagement à la fois, vis-à-vis de leurs administrés, vis-à-vis des pays émergents et vis-à-vis des autres pays du monde. Tout comme ils doivent savoir qu’ils ne peuvent continuer leur œuvre que s’ils restent au pouvoir après élection ; aussi, la fixation officielle d’une échéance datée (l'année 2025 au Gabon) pour l’émergence des pays, et son affichage public deviennent des composantes des enjeux de la démocratie, de la transparence électorale, de l’alternance politique et de la bonne gouvernante. 

L’imbrication de la démocratie, de la gouvernance et de l’émergence deviendrait source de blocage, si les dirigeants ne se montrent  pas sages, réformistes, volontaires et décidés à impulser le progrès social pour les masses populaires nécessiteuses. 

Le terme émergence, est sorti du projet politique du candidat Ali Bongo et, il est en train de s’installer pour longtemps (2009-2025 : 16 ans), dans la théorie et le discours politiques officiels du Président Ali et de ses collaborateurs. 

L’affirmation et le vœu « de faire du Gabon un pays émergent en 2025 » comme objectif stratégique semblent relever de l’excès de langage et de confiance d’une part, et de l’autre, de la sous évaluation ou de la méconnaissance des avatars dus au processus. 

Les préalables, les exigences et les difficultés liés à l’émergence d’une économie sous-développée auxquels se greffe une ferme demande de démocratisation politique du peuple, exigent un consensus et une accalmie sociopolitiques structurels, durables pour le pays. 

Certes, on peut noter que l’émergence économique des pays ainsi qualifiés s’est accompagnée des régimes et des Etats forts, presque dictatoriaux ou fascistes, à l’exemple de la Chine, de l’URSS, de l’Afrique du Sud, du Brésil etc ; tout en se démarquant  ou en adoptant le libéralisme classique. Pour créer les conditions favorables à l’émergence, l’Etat doit devenir interventionniste en reprenant le contrôle de toute la société : secteurs productifs des richesses nationales…prises de participation aux capitaux des sociétés, création des agences, des entreprises, des banques, des assurances, des fonds ; partenariats avec le privé etc. 

Parallèlement, et au risque apparaître tyrannique, il doit réduire ou étouffer la contestation sociale qui émanerait des acteurs politiques, de la société civile et des médias déraisonnablement critiques. 

Nulle part au monde, l’émergence ne s’est accommodée avec la liberté d’expression. Elle privilégie l’expansion économique au détriment de la démocratie politique qu’elle rabaisse. Très peu de pays actuellement qualifiés d’émergents ont concomitamment fait la promotion de l’expansion économique et celle des libertés démocratiques. L’émergence est pour ainsi dire, le retour au « tout Etat » ; à l’Etat dominateur. Par conséquent, opter pour l’émergence devient un choix institutionnel et politique ; c’est aussi le choix involontaire d’une véritable réforme de la société pour son progrès, son indépendance économique et sa souveraineté : choix difficile mais louable qui consolide l’indépendance politique ; à condition, répétons-nous, d’être conduit et géré par des patriotes politiquement talentueux, sérieux, compétents, détribalisés et peu corruptibles…

En 2025, le Gabon ne sera pas un pays émergent. Tout au plus, il sera un « pays en voie d’émergence ». 

Qu’on l’accepte ou pas, et malgré les maladresses et les abus, la vérité est que, tout ce que font les pouvoirs publics gabonais doit se comprendre comme l’assemblage des conditions optimales indispensables pour la confection des fondations solides pour le progrès futur du Gabon. 

In fine, l’émergence est un vaste plan de sortie du sous-développement qui vise à créer un cadre propice pour des activités économiques rentables pour assurer une meilleure évolution du taux de croissance et donc de la richesse du pays. 

Un pays du tiers monde ne serait qualifié d’émergent que lorsque chaque secteur d’activité reposera sur des infrastructures spécifiques solides, que le nombre de nécessiteux baissera notoirement et que les besoins vitaux basiques du grand nombre seront satisfaits (santé, logement, emplois, transport, éducation, démocratie). 

Pour l’heure, le Président Ali Bongo et les siens manifestent la volonté de positionner le pays sur la voie de l’émergence, en mettant en place des instruments y relatifs, et un contexte sociopolitique conformes au démarrage du processus. 

Cette phase préparatoire du positionnement du Gabon sur la ligne de départ en direction de l’émergence, se tisse au moment où d’autres pays de la sous région ont opté pour la même stratégie. De là naîtront des convergences d’intérêts, de vues, de pratiques et des réalisations. 

C’est maintenant que ces chefs d’Etat doivent former de solides équipes de travail pour accompagner l’exécution des programmes et des projets qui doivent agréger les différents pans de leur société. 

Parmi ces projets se trouve, à court terme, la prochaine élection présidentielle gabonaise de 2016…

DE L'EMISSION DES BONS DE TRESOR PAR L'ETAT GABONAIS DANS LA ZONE CEMAC.

Certes, il est difficile de mobiliser tous ses amis et frères au moment souhaité ; en particulier en cas de difficultés. L’émission de l’emprunt par le Gabon à travers les bons de trésor a mobilisé la majorité des pays membres de la CEMAC, en particulier le Cameroun, très impliqué et dont le dynamisme économique et financier, notoirement connu y est manifeste. 
L’unanimité étant rarement de ce monde, l’absence de la Guinée Equatoriale, dans ce plan gabonais, peut faire l’objet de plusieurs interprétations. C’est notre préoccupation.

Deux prestigieux cadres du Gabon, femme et homme, qui du reste, se connaissent bien, pour avoir valablement travaillé ensemble, Madame le ministre du Budget et Monsieur le ministre de l’Economie, sont « interpellés dans la presse» pour l’opération d’emprunt que l’Etat à lancé sous la forme de bons du trésor. Les deux responsables sont connus pour leur compétence que pour leur sérieux. 

Toutefois, une question se pose : comment et pourquoi en sont-ils arrivés à emprunter des sommes qui représentent peu au regard des données financières, comptables et autres agrégats économiques du pays ? 

Les 2 émissions des bons de trésor, par le Trésor public gabonais, a pour but de se procurer un montant de 25 milliards F CFA liquides, à court terme, disons « à vue », pour le compte de l’Etat. Cette somme est bien en deçà des besoins de règlements des rémunérations, revenus et salaires qui forment la dépense mensuelle répétitive la plus sensible qui grève les finances publiques. 

Examinons ce montage financier à travers les informations officielles les plus simples qui ont été mises à la disposition du public. 

D’abord, le premier Communiqué, daté du 2 Mai 2013 est signé de Luc Oyoubi, Ministre  de l’Economie, et par ordre, du Ministre délégué auprès de Madame le Ministre du Budget qui était certainement absente de Libreville ou empêchée au moment de la signature. Il porte sur 10 milliards de F CFA. 

Quant au communiqué du 16 Mai, paru 14 jours plus tard dans le journal l’Union, il est signé des deux ministres « titulaires » Rose Christiane Ossouka Raponda, Ministre du budget, des comptes publics et de la Fonction Publique et Luc Oyoubi de l’Economie, pour 15 milliards. 

Les communiqués nous informent que ce sont des « bons de trésor assimilables », que les souscriptions se font respectivement auprès de 9 et 10 banques ou établissements de crédits agréés CEMAC dont :  4 camerounais (Afriland first bank, Ecobank Cameroun, Union bank of Cameroun limited et société commerciale de banque au Cameroun),  3 gabonais (BGFI Gabon, BICIG Gabon et Union Gabonaise de banque), 1 congolais (Crédit du Congo) et 1 établissement centrafricain (Ecobank Centrafrique) dans la première annonce. 

Et, l’émission du 16 Mai indique 10 banques dont 5 Camerounaises (+1), 3 gabonaises, 1 congolaise et 1 centrafricaine. 

L’échéance est de 13 semaines et « les intérêts sont précomptés sur la valeur nominale des bons, les intermédiaires étant les banques CEMAC désignées « Spécialistes en Valeur de Trésor : SVT » par le Ministère de l’Economie. 

A n’en pas douter, l’Etat a émis ces bons de trésor pour des besoins conjoncturels de ressources. S’il est dit que les intérêts sont précomptés sur la valeur nominale des bons, en revanche, on ne sait rien du taux d’intérêt retenu pour la rémunération des sommes libérées ou empruntées. C’est dire que ce sont des bons du Trésor à taux fixe, aux intérêts précomptés, donc payés d’avance en fonction de la durée. 

Ce type d’opération est  parfois répétitif et traducteur d’une passagère contraction financière. Le recours à l’emprunt ne signifie nullement que l’Etat est en cessation de paiement ou en faillite. Du reste, même en difficultés de paiement, un Etat réussit toujours à trouver des prêteurs sur les marchés financiers, ou auprès des bailleurs publics. 

Aucun Etat n’a jamais été emprisonné pour n’avoir pas payé ses dettes. La forte implication des institutions financières camerounaises dans ce pool bancaire est la démonstration des relations conviviales qui semblent se tisser graduellement entre ces deux pays qui sont liés par l’histoire, par la proximité géographique et par les échanges commerciaux et autres. 

Indubitablement, le Cameroun est le pays qui peut servir de locomotive à la création d’un espace économique, commercial et financier communautaire intégré pour propulser l’émergence économique de la sous région CEMAC. 

Le couple Cameroun-Gabon qui se forme et s’affirme ne doit pas faire oublier la nécessité de solidarité et la fraternité indispensables au progrès de tous. La Guinée Equatoriale, le Congo et les autres Etats ont leur place dans la construction et la mise en œuvre d’une stratégie de sortie du sous-développement par l’émergence de nos pays. 

Dans cette perspective, aucun pays ne doit afficher une tendance hégémonique, se marginaliser ; ou être écarté du groupe.

C’est à ce niveau que deux faits, aux connotations politiques non négligeables, sont à signaler : d’abord, que le Président gabonais, Ali Bongo est le Président en exercice de la CEMAC ; ensuite, que les banques de deux Etats de la CEMAC, la Guinée Equatoriale d’Obiang Nguema  Mbasogo et le Tchad d’Idris Deby ne sont pas parties prenantes dans la liste des établissements prêteurs retenus pour le montage financier au profit du Gabon. 

Question : pourquoi le Gabon s’obligerait-il à emprunter  25 milliards à court terme ? 

En somme, une opération « immédiate », généralement traductrice, soit d’un urgent besoin de liquidités lié à une tension de trésorerie, soit d’une nécessaire opération politique destinée à jauger et tester la solidarité, le degré d’entente, d’intégration, de mobilisation et d’implication des Etats membres dans les actions concertées de la CEMAC. 

A l’évidence, l’opération comporte trois principaux aspects : le politique, l’économique et le financier. 

Actuellement, le Gabon doit certainement traverser une zone de turbulence financière qui l’incite à s’adresser au secteur bancaire commercial (et pas à la BEAC !?...) de la sous-région. 

A ces observations s’ajoute, au niveau national, l’injonction faite, par le trésor public, aux retraités de présenter un « certificat de vie » au risque de perdre la jouissance de leur pension pendant 3 mois. 

Le communiqué et l’action du gouvernement sont de nature à étonner plus d’un citoyen intéressé par la Nouvelle Economie Politique Gabonaise (NEPG) qui destine le pays à l’Emergence. Cette surprise est d’autant plus grande que les chiffres officiels, s’ils sont véridiques, sont impressionnants. 

Les prévisions budgétaires 2012 de l’Etat gabonais étaient de 2.453,1 milliards de FCFA contre 2.370 en 2011, soit une hausse de 82 milliards de FCFA (+3,4%). 

En 2013, le budget approuvé le 5 Janvier était estimé à 3.141,2 milliards. La surprise tombe quand l’on prend connaissance des données techniques des experts qui disent que :

« Le budget 2013 se caractérise par une augmentation significative (+74%) des dépenses d’investissement, s’inscrivant ainsi dans la stratégie du Gabon émergent rendue publique en décembre dernier. Cette politique volontariste s’accompagne d’un déficit budgétaire (2,3% du PIB) et d’un recours à l’emprunt, les revenus pétroliers du Gabon tendant à diminuer légèrement malgré des cours historiquement élevés… En 2013, les emprunts sont prévus à hauteur de 268,7 milliards liés aux investissements et 240 milliards d’emprunts d’équilibre, dont 100 sous forme d’emprunt obligataire local, 140 sous forme d’emprunt bancaire. Au total 508,7 milliards seraient empruntés en 2013, soit 16% du budget »

Ces perspectives étaient suffisamment explicites pour comprendre le recours à l’emprunt, même de 25 milliards, qui du reste, est d’un niveau très bas au regard des besoins potentiels affichés. 

En économie, et plus spécifiquement dans les opérations de financement des investissements ou de déficit de trésorerie pour le fonctionnement, le recours à l’emprunt-court et peu onéreux traduit le plus souvent, une insuffisance ou un déséquilibre de trésorerie transitoire entre les entrées et les sorties des fonds. 

La grande part des schémas de financement comporte un volet emprunt dont l’importance dépend des disponibilités détenues par le demandeur d’argent. Oyoubi et Ossouka qui sont des économistes chevronnés le savent parfaitement. Et, le fait de communiquer sur l’opération est très louable, courageux et surtout conforme aux bonnes pratiques de gestion de la « chose publique ». 

Tous les pays du monde, qu’ils soient développés ou sous développés ; industrialisés ou émergents sont endettés, parfois même très endettés. Cependant, les pouvoirs publics doivent se soumettre à l’obligation de transparence que dictent la bonne gouvernante et les bonnes pratiques de gestion de l’Etat. 

Les chefs politiques doivent davantage prendre en considération les orientations, les conclusions et les prévisions des experts et rendre compte aux populations des décisions qui engagent durablement leur vie et celle des générations futures. 

Ecoutons les experts financiers : 

« Parmi les dépenses de fonctionnement, les rémunérations occupent toujours la première place, représentant 17% de la dépense publique. De 2012 à 2013 le budget de la fonction publique s’est accru de 19%. La loi de Finances 2013 prévoyait de doter le Fonds Gabonais d’Investissement Stratégique (FGIS) de 144 milliards, alors que celui-ci n’a reçu que 14 en 2012, par rapport à un montant prévu de 276 milliards ». 

Au-delà du fait financier se trouve la donne politique relative à la cohésion, à l’harmonie et à la solidarité dans l’espace CEMAC. 

L’analyse montre que la position objective du Cameroun comme « tête de file » du groupe des prêteurs gabonais ; l’absence du Tchad, et surtout de la Guinée Equatoriale dont l’économie est réputée en pleine croissance et « surliquide » ne peuvent pas ne pas attirer l’attention. Qui ne jugerait pas invraisemblable, voire anormale, même si les raisons sont avérées, que la Guinée Equatoriale ne soit pas présente quand le Gabon fait un appel de fonds destiné à équilibrer une situation de trésorerie ? 

Quand au Tchad, il a de grosses obligations qui semblent l’absorber et le détourner quelque peu de ses voisins CEMAC. Que dire de la RCA qui, malgré la crise contribue au plan gabonais. Signe des temps ? Faut-il entrevoir une brèche dans la Communauté CEMAC du fait de l’absence de 2 membres sur 6 ? 

Bien que tous les Etats ne soient pas à mesure ou disposés à réagir de la même manière, on pourrait en toute logique s’étonner de la forme prise par cette mobilisation autour du Gabon "Emergent". 

Le temps a fait son œuvre, il est désormais loin, l’époque où il existait des bouderies diplomatiques ou protocolaires répétées entre le Gabon et le Cameroun. Présentement, l’axe Yaoundé-Libreville semble être en bon état, et se présente comme porteur d’un noble dessein pour les 2 peuples et d’un avenir prometteur pour tous ceux de la sous-région CEMAC.

6 févr. 2013

GABON : SEEG ET SOVOG DANS LE COLLIMATEUR DE L’EMERGENCE


Parmi les organismes créés ou à créer, pour accompagner et soutenir l’économie politique libérale de l’Emergence se trouvent, entre autres, l’Agence nationale des grands travaux (ANGT), le Fonds Souverain de la République Gabonaise (FSRG), le Centre de développement des entreprises (CDE), la Caisse de Dépôt et Consignation (CDC), les futures compagnies aérienne et pétrolière etc. 

De même, le régime tente de redynamiser les sociétés dont l’image se dégrade dans les populations pour cause de mauvaise qualité de produits ou prestations, c’est le cas de la SOVOG et la SEEG qui sont dans le collimateur de l’Etat. 

Sur quelle logique repose l’action de l’Etat en matière de stratégie économique et financière pour développer les infrastructures et générer des ressources budgétaires propres pour le financement les opérations de développement pour l’Emergence du pays ?

5 mars 2012

DE L’ORDONNANCE PORTANT CREATION DU FONDS SOUVERAIN DE LA REPUBLIQUE GABONAISE (FSRG)

Sans prétention, je tiens à donner, en ma qualité d’Expert, de Consultant et de patriote,  mon modeste point de vue sur une décision gouvernementale qui est d’une très grande importance pour notre pays, et qui  présage, en filigrane, une probable situation financière budgétaire dangereuse qui pourrait contaminer la société. Ou à l’inverse, le Gabon est en surliquidité, ce qui justifierait ce projet de réorganisation, suite, soit à la réalisation d’une forte plus-value financière fiscalo-pétrolière ; à l’obtention de dons et legs ou de forts dividendes provenant de lointains précédents placements. Mon dernier article invitait l’attention de nos gouvernants sur la nécessité de se montrer rigoureux et sage dans la gestion des biens et l’administration des hommes. 

Très récemment, dans un « Libre-Propos », l’un de nos illustres compatriotes pose la problématique des interconnections, des interférences, de la proximité et du voisinage entre les pays africains et ceux du reste du monde en matière de financement de leurs économies, des leurs investissements, de leurs relations commerciales ; de la gestion financière des agents économiques des pays en développement en relation avec les interventions des partenaires internationaux, en période de récession économique et de perturbations financières, dans une économie mondialisée. Son titre : "Wall Street, est-ce si loin que ça ?"

L’ETAT ET LA PROMOTION DES PME GABONAISES


 

Par Guy NANG-BEKALE, Expert en PME, Conseiller d’Entreprises, ancien Chargé d’Etudes, Ancien Directeur de l’Agence Nationale de Promotion des PME (PROMOGABON) dans l’Ogooué Maritime.
 
Le Gabon a été parmi les premiers, sinon le premier pays, de la zone dite Afrique Equatoriale ou Afrique Centrale, à créer, quatre ans après son indépendance, un cadre légal pour le lancement d’une politique de développement des Petites et Moyennes Entreprises (PME) et Petites et Moyennes Industries (PMI) concomitamment à la création d’une Agence Nationale (PROMOGABON) chargée de promouvoir ces PME-PMI. 1964-2011 ; c’est 47 ans de mise en œuvre d’une action économique et politique dont les résultats se situent très en deçà des objectifs fixés par les Gouvernements successifs du pays.

Le régime actuellement en place qui prône l’émergence du Gabon gagnerait à redynamiser cette politique dont la réussite sera traductrice de celle de la politique d’Ali Bongo Ondimba. La structure et la configuration des PME gabonaises, l’inorganisation, l’instabilité et l’inéfficacité des Institutions étatiques officielles chargées de leur encadrement et de leur Assistance racontent clairement l’échec de la politique gabonaise de promotion des PME locales.

17 oct. 2010

REPUBLIQUE DU MOYEN-OGOOUE : Les Hommes, la Politique, le Pouvoir, le Pétrole et le Développement local - PARTIE 1/3

Avertissement 
Que mes frères et amis miénè du Moyen Ogooué et d’ailleurs, ainsi que mes autres compatriotes, ne jugent pas cet écrit au premier degré. Notre but est d’informer et de restituer une douloureuse et infâme Vérité, connue de tous à travers la République,  Vérité qui a été  tue trop longtemps par les tenants de la division et de l’embrigadement.            
                                               

La Province du Moyen Ogooué se trouve dans la partie centrale du Gabon.
Le Moyen Ogooué tire sa renommée mondiale de l’œuvre humanitaire bienfaitrice du Dr Albert SCHWEITZER qui a créé, à Lambaréné, capitale provinciale, le célèbre hôpital qui porte son nom et qui est installé sur l’une des berges du fleuve Ogooué qui, lui, a donné son nom à cinq des neuf provinces du Pays.

La population du Moyen-Ogooué est de composition multicommunautaire. Cette caractéristique est née, non seulement, comme généralement et  principalement c’est le cas, de l’attrait des activités économiques, mais surtout par l’attirance  naturelle que la province exerce sur les nationaux et les étrangers. Cette attirance est justifiée et facilité par l’existence  de plusieurs voies de communication et à cause de la possibilité de pratiquer les activités vitales traditionnelles de base que sont l’agriculture, la pêche et la chasse.


REPUBLIQUE DU MOYEN-OGOOUE : Unité politique, Pouvoir et Domination dans le Moyen-Ogooué - Partie 2/3

Avertissement 
Que mes frères et amis miénè du Moyen Ogooué et d’ailleurs, ainsi que mes autres compatriotes, ne jugent pas cet écrit au premier degré. Notre but est d’informer et de restituer une douloureuse et infâme Vérité, connue de tous à travers la République,  Vérité qui a été  tue trop longtemps par les tenants de la division et de l’embrigadement.                                                           
Pendant la durée du règne de feu Président Omar BONGO au sommet du pouvoir, la gestion du Moyen Ogooué dans tous les domaines a été confiée  à Georges Rawiri, son frère et ami, qui orientait et décidait de la quasi-totalité des actions, évènements et autres processus impliquant et concernant tant le destin et la promotion des hommes que l’organisation et le développement des structures.
Fin politique, très expérimenté et surtout craint par beaucoup, il a maintenu sous son joug les gens de sa génération et des générations suivantes.
Fidèle parmi les fidèles à Omar Bongo et à sa politique, l’homme a exercé, à la fin de sa vie, la fonction de Président du Sénat, dernier(e) né(e) des Institutions de la République et taillé(e) à sa mesure.



REPUBLIQUE DU MOYEN-OGOOUE : Le pétrole dans le Moyen-Ogooué - Partie 3/3

Avertissement 
Que mes frères et amis miénè du Moyen Ogooué et d’ailleurs, ainsi que mes autres compatriotes, ne jugent pas cet écrit au premier degré. Notre but est d’informer et de restituer une douloureuse et infâme Vérité, connue de tous à travers la République,  Vérité qui a été  tue trop longtemps par les tenants de la division et de l’embrigadement.                                                           
Les informations publiques disponibles nous donnent les étapes de l’évolution et du développement de la recherche et de la production du pétrole dans la province du Moyen-Ogooué.
Elles nous montrent aussi le cheminement suivi par la toute première Société, Maurel & Prom, qui produit et commercialise ce pétrole aujourd’hui.  
C’est en 1928, à l’époque de  l’Afrique Equatoriale Française (AEF), apprend-on, que  débuta l’exploration du pétrole au Gabon.
 Dès lors, les bases de connaissance relatives à cette exploration que sont les croquis, les cartes topographiques et géologiques ont été progressivement élaborées afin de définir et d’identifier les zones à sonder pour les missions de prospection futures.