10 oct. 2013

AU CŒUR DU SECRET RÉVÉLÉ !!

Tsira Mozo parla et cet récit naquit. Nous le sortons du sanctuaire pour le destiner au grand nombre. Aussi, a-t-il naturellement été quelque peu édulcoré… Les choses révélées sont destinées aux profanes, et les vérités cachées sont la fortune des initiés. Le mal règne en maître dans le monde. La lutte contre le mal est sans fin.

Peu de temps après leur installation dans un coin du monde, et la création d’un village mystico religieux dénommé Dzal dont les habitants formaient le peuple Dzalang ; la mort commença à exterminer les habitants. Hommes et femmes jeunes, adultes et vieux, sans souffrir et sans être malades, mourraient, terrassés par une force invisible. 

Cette force faisait tellement de morts, causait tant de malheurs au point qu’un traumatisme général gagna toutes les autres communautés environnantes dont certaines, très faibles s’allièrent au mal et combattirent Dzalang. 

Pour faire face à cette situation, tous les anciens de Dzal : chefs de familles, prêtres, gardiens des sanctuaires et des reliquaires organisèrent une conférence villageoise pour trouver la solution à ce grave et dangereux phénomène qui mettait en danger leur quiétude, leurs vies, leur culture et leur foi. Ils prirent la résolution de tout entreprendre pour découvrir l’origine du danger. Ils évoquèrent leurs ancêtres et crièrent vers Dieu. 

A travers les récits permanents transmis oralement et malgré certains incrédules, les habitants savaient, grâce aux enseignements des plus vieux, qu’ils étaient faits à l’image de Dieu et que par conséquent, ils formaient une branche du peuple élu de Dieu. Les autres populations des contrées voisines renforcèrent leur alliance  avec la « force du mal » qui frappait sans pitié le peuple du village Dzal. La complicité entre ces peuples voisins, devenus ennemis jurés des Dzalang, avec la Force du mal fut si profonde que Dieu pressentit le massacre qui couvait et qui pouvait naitre en cas de confrontation violente entre les deux camps. 

Quelques jours après le conclave des Dzalang, les grands sages commencèrent à recevoir des signes à travers les songes, les rêves et la méditation. 

Un jour, le plus âgé du village s’assoupit et tomba dans un profond sommeil. Dans l’instant, il entendit une voix qu’il reconnut lui dire « « cette force du mal et vos voisins qui vous menacent ne sont que les représentants d’un mal plus grand qui est leur « chef suprême »… C’est lui qu’il faut trouver et abattre. Ainsi, vous pouvez espérer vivre en paix avec ses disciples et partisans … n’oubliez jamais que vous, vous  êtes la part d’un Dieu que vous devez manifester ». 

Le vieil homme fût sans voix et resta immobile sur sa natte pendant des heures. Au petit matin suivant, avant le chant du coq, il rassembla autour d’un grand feu, toutes les familles du peuple de Dzal pour leur transmettre le mystérieux message dans un discours au vocabulaire et au langage de vérité, fait de paraboles, d’intonations de voix, de proverbes et d’adages si captivants et si pathétiques qu’il incitait à la mobilisation et à l’action immédiates. 

Aussitôt, un brave et courageux jeune se porta volontaire pour aller à la recherche du « chef suprême du mal », pour l’arrêter et venir l’immoler en plein jour devant tout le peuple de Dzal. Il fut aussitôt imité par un autre, plus jeune, qui se proposa pour la même mission ; puis un autre, et un autre encore. Les débats tournèrent autour de la complexité et de la puissance de ce mal qui tourmentait le vaillant et digne peuple de Dzal. 

Au crépuscule du jour, le vieux sage calma toutes ces compréhensibles ardeurs juvéniles. D’une voix tremblante et rocailleuse, il entonna un chant d’initiation très significatif. Le chant fut repris en chœur et à gorges déployées par l’assistance. Puis, toujours en chantant et en esquissant quelques pas de danse, il annonça d’un ton solennel, qu’il allait entreprendre lui-même cette périlleuse et très difficile mission de combat. Le vieil homme qui était pourtant par son âge, en phase finale de son séjour terrestre, resta encore en vie quelques années pour se préparer et aller au combat. 

Quand arriva le moment pour débuter sa mission, il rassembla tout ce qu’il jugea nécessaire et utile pour une longue période d’absence du milieu des siens. Pour tout bagage, il prit une sacoche en liane ; la chargea de feuilles, d’écorces, de racines, de kaolins blanc, noir et rouge, et d’autres éléments tirés de la nature et de l’homme… Puis, il présenta au peuple Dzalang l’itinéraire secret de son plan de recherche de leur bourreau. 

Il se proposa de passer au crible tout l’univers, toute la création de Dieu pour dénicher ce « chef suprême » de la force du mal qui osait s’attaquer à eux. Il commença par la terre ferme et explora ses coins et recoins sans succès. Puis, il plongea en vain dans les océans et les mers ; les fleuves, les rivières et les cours d’eau. Il marqua une pause de quelques années pour réfléchir avec les siens, dans l’espoir de découvrir où se cachait la diabolique force. 

Un matin, il reprit sa mission en direction du ciel. Il visita les galaxies, les étoiles en pénétrant les zones les plus minuscules. Fatigué et vieillissant, il marqua une seconde pause pour adresser une supplique à ses ancêtres couronnée par une prière vers Dieu. 

Le temps passa. Il se rendit à l’évidence en découvrant que l’œuvre de création de Dieu est éternelle, infinie et inaccessible aux hommes, êtres finis, qui sont ses créatures. L’éternité et l’infini, autant que l’espace et le temps sont à Dieu. Aux hommes sont les  transformations successives dans la temporalité. 

Puis un jour de repos qui ressembla à l’autre, allongé cette fois sur son fauteuil artisanal en bois, fait de ses propres mains, il ressentit un grand vide intérieur suivi d’une forte émotion qui intensifia et accéléra les battements de son cœur meurtri qui injecta, pour le revigorer, un flot de sang à son cerveau et ses tempes. 

Un calme extraordinaire envahit tout son Etre. De ses yeux mi-clos coulèrent quelques larmes qui descendirent lentement sur ses joues striées. Un rictus en guise de sourire laissa voir une canine et deux prémolaires, ultimes pièces précieuses qui ornaient sa bouche. Et dans ses tréfonds, il entendit deux voix unis ayant deux timbres opposés avec lesquelles il eut ces conversations. 

La première voix (PV) lui dit « que cherches-tu dans le monde extérieur ? Un être qui massacre mon peuple. Qui es-tu, répondit le vieil homme (VH). PV : Je Suis ta vie, je suis tes actes, je suis tout ce que tu fais, je Suis ton créateur et je Suis en toi et tu es en moi. Tu perds en vain la dernière énergie qui te reste en te donnant tout ce mal. Tu n’as donc pas compris que j’ai créé le ciel et la terre et tout ce qui s’y trouve pour que tu les domines ? Que je t’ai créé à Ma ressemblance ? Que tu es ma miniature ? Que celui que tu cherches est à ta portée comme la sacoche que tu portes et tout son contenu… Donne au « chef du mal » que tu recherches, la même place qu’aux êtres que tu domines par ma puissance. Libère les autres peuples du joug de ce chef-mal ; ainsi, vous serez tous libres et vivrez en paix ». 

La seconde voix (SV) cria « non, ce n’est pas de ma faute, c’est ainsi que je suis, c’est ma nature depuis toujours, c’est ma fonction et ma raison d’être.. ». Le vieil homme fut dans un étonnement total. Il demanda à la SV : « qui es-tu pour oser parler ainsi dans moi ? Qui t’a permis cela ? ». « Je suis celui que tu cherches depuis des années. Tes pères aussi m’ont cherché sans jamais me trouver par ce que je ne vis pas dans le monde extérieur. J’ai fait de la partie la plus intime et la plus secrète de l’homme ma demeure pour ne pas qu’il découvre mes œuvres et ma nature maléfique. L’homme m’a donné les noms de satan, diable mais en vérité, mon nom est mal. Je suis le MAL». Aussitôt, le vieil homme compris qu’il avait réussi à localiser l’ennemi mortel de son peuple. Alors, il rejoignit MAL au fonds de lui ; et un violent combat s’engagea entre les deux Etres. 

Au moment où le vieux Dzalang allait lui porter le coup fatal, le diable cru avoir réussi à sortir de  son cœur pour se refugier derrière Dieu qui lui demanda « que fais-tu là ? Pourquoi as-tu abandonné ta place et tes complices ? » ll répondit « l’homme que tu as créé à ton image a réussi à me retrouver dans son cœur qui est ma cachette  insoupçonnable et introuvable à partir de laquelle je le trompais, le tourmentais, le poussais au mal, le manipulais ; et, comme il veut me faire disparaitre du monde, je suis venu me mettre sous ta protection. Alors Dieu lui dit « j’ai fait l’homme à mon image et tout cœur pieux de l’homme est mon logis? » « Oui, justement c’est pour cette raison que je suis venu vers toi, afin qu’en te voyant, l’homme n’osera plus m’attaquer ». 

Le vieil homme du village Dzal s’adressa à Dieu et lui raconta toute l’histoire de son peuple. Dieu dit au diable « crois-tu vraiment que tu pouvais infiniment affronter victorieusement l’homme ? Ne sais-tu pas qu’aucun des éléments de la création n’est comme lui et que tout élément de ma création est inférieur à lui, même toi ? ». 

Dieu se tourna vers le vieil homme et lui dit « vous êtes bénis parmi les peuples et vous souffrez à cause de l’ignorance des autres. MAL et ses adeptes vous attaquent par ce qu’ils ne vous comprennent pas et ne vous connaissent pas ; tout comme ils ne  me comprennent pas et ne me connaissent pas. 

Du jour où ils nous connaîtront, vous vivrez ensemble et en paix en combattant le mal... Maintenant que tu as découvert leur chef, vas vers tes voisins et propose leur une assemblée au cours de laquelle vous allez aborder franchement et en vérité tous les sujets qui engagent vos vies et votre bonne coexistence en partant des questions suivantes : 

1- Voulons-nous ou pas vivre ensemble en harmonie et fraternellement ? Cette question est la plus importante de toutes. Si la réponse est positive et sincère, c’est que vos ennemis sont convertis et ont décidé de vivre avec vous dans la paix. Pour l’apprécier, vous devez ensemble réorganiser le pays de manière responsable et dans la justice. 

2- Déterminer ensemble le type de société et de gouvernement qui conviendrait  pour assurer votre sécurité et votre paix définitive Ici, les rôles et les responsabilités doivent être partagés. Enfin,  qui doit appartenir cette terre sur laquelle vous séjournez pendant quelques années ? Elle doit d’abord appartenir aux hommes d’origine et accueillir d’autres hommes d’ailleurs suivant votre libre arbitre. 

Après avoir identifié le mal qui semait la terreur au milieu d’eux et suite aux conversations avec Dieu et avec MAL, le vieux EO, avant de mourir s’adressa aux jeunes. 

Il leur dit : « Vous n’honorerez et ne louerez qu’un seul Dieu ; vous n’aurez qu’un intercesseur unique auprès de lui, par le sang et les mânes des ancêtres, ascendants de vos familles. Vous ne mangerez jamais d’une herbe que vos parents ne vous ont point montrée ou que vous ne connaissez pas. Ne vous laissez jamais bander les yeux par des gens qui ne sont pas de votre parenté et de votre sanctuaire ; ainsi, vous évitez de voir ce que l’on cache et que vous ne connaissez pas. Car, du moment où vous l’aurez vu, vous ne pourrez plus dire que vous ne l’avez pas vu. Sachez que la plus grande marque d’amour envers les tiens consiste à se donner à eux par votre volonté. Pour votre gloire, ne séparez jamais, par la mort volontaire, le corps et l’esprit de l’homme. Ne touchez pas au sang, il vous salira et vous souillera pour l’éternité. Sachez que vous êtes mortels et que, par transformations perpétuelles, vous vivrez après la mort. Aimez et faites vous aimer….»

Malheureusement, ce fragment du testament du vieillard n’a pas été compris par toute sa descendance. Certains ont pactisé avec le mal qui était pourtant connu des gens de Dzal. Leur fin a démontré leurs mauvaises dispositions de cœur. 

La traduction simple de ce récit pour la multitude est que : un jour sera, où les meilleurs fils du Gabon qui se placeront au dessus du mal, du tribalisme, de la haine, de la division et de toutes les autres laideurs, s’uniront par le travail, le patriotisme, l’intelligence et l’amour pour sceller une unité et une paix sociales vraies et durables. 

Dzal, le cœur, sanctuaire secret, est le village de deux habitants qui sont le bien et le mal. 

En français facile, la prophétie et la vérité sont que « le Gabon sera le Gabon de Jésus ». 

LES ELECTIONS AU GABON : LE NAUSEABOND FUMIER POLITIQUE

C’est désormais une pratique habituelle, nationalement répandue, et jamais châtiée. A l’approche de chaque échéance électorale, un crapuleux crime de sang est perpétré dans une des provinces du pays. Chers frères et amis ! Trop c’est trop ! Arrêtez le massacre… 

Dans quelques semaines, les gabonais  vont aller aux élections pour donner mandats à d’autres gabonais. Et, comme toujours en pareilles circonstances, la poubelle politique va répandre sa fétide odeur dans les différentes localités du pays. 

Déjà, nous apprenons qu’à la province septentrionale du pays, un compétent cadre, père de famille vient de mourir, empoisonné par une donzelle qui vraisemblablement,  l’aurait  entrainé dans un guet-apens. Il a été trouvé mort allongé dans un lit. 

Dans d’autres endroits, d’autres actes tout aussi répugnants seront commis par des compatriotes qui ont intégré en eux que la mort de leur prochain doit servir à leur semblant de bonheur. 

Pour le commanditaire, le bonheur de continuer à avoir de l’argent en masse, les honneurs et le pouvoir, fut-il local. Et, pour l’exécutant-assassin, celui de percevoir quelques billets sales. Deux personnes complices aux mains, aux cœurs et aux billets sales unies par une misérable cause. 

Au Gabon, chaque jour apporte sa part de douleur. Chaque jour et quelque part, nous côtoyons les voleurs, les menteurs, les assassins et tous les imposteurs et vauriens cachés qui désolent et pervertissent le pays. Aucun palpable indice n’indique la nature profonde de l’homme. 

Par le salut, nous serrons sans le savoir les mains des impies ; celles qui ont tenu une arme ou un poison pour donner la mort. 

Ces catégories d’hommes sont présentes dans toutes les sociétés de la terre, elles forment une race en perpétuel développement. Les compétitions électorales offrent d’opportunes occasions pour observer et constater que l’argent amassé par les richards du Gabon sert avant tout à conserver les privilèges acquis, pour beaucoup, au prix de la honte, du déshonneur et du sang. 

Ces durs propos s’expliquent par les simples raisons que plus rien n’arrête certains individus à faire le mal. 

Quand une société banalise le crime, il ne reste plus rien ou très peu de choses pour sauver la morale sociale de la déchéance et pour unir les habitants dans la Concorde, la Fraternité et l’Amour. Plutôt que de voir en son voisin un frère, on est poussé de voir en lui un possible criminel, un être potentiellement dangereux. 

Le crime, en tant que paroxysme de la violence, n’a pour conséquence que de désunir, d’affaiblir et de détruire les relations entre les habitants, entre les familles. 

La forte imbrication entre crimes crapuleux et crimes politiques rejaillit négativement sur l’image politique de l’Etat, sur la psychologie du peuple, et sur la mentalité du citoyen. 

Quelle prison, quel enfer pour ceux qui vivent, des années durant, avec logé au fond d’eux, la présence vivace du souvenir d’un crime exécuté ou initié. 

A certains instants de la vie, tout homme, quel qu’il soit, se retrouve face à lui-même. Seul, allongé dans un lit, au volant d’une voiture, dans un bureau ou assis sur une cuvette de w.-c. il se consulte, s’interroge, se parle et se regarde en vérité avec pour unique témoin sa conscience.

A ces moments de divines solitudes, il ne peut plus se mentir. Il est obligé d’affronter la réalité, de s’auto confesser ses mauvais actes, et de rechercher ceux qui lui paraissent bons pour les séparer d’avec les mauvais. 

C’est l’instant où toute créature humaine retrouve son Dieu, son ciel et commence à implorer, muet, le pardon de ses actes maléfiques. 

La politique est par excellence le terrain de cette situation quand, énergique, ambitieux, téméraire et audacieux, l’homme politique se croit inoxydable, et entreprend tout ce qui est à sa portée pour ses intérêts, en oubliant jusqu’à sa mort future. 

La politique avilit davantage ses professionnels adeptes, plus qu’elle ne les améliore. Les flatteries, les courbettes, les demandes d’aides des faibles et des nécessiteux, plus que leur vote, sont les sources du pouvoir et de la puissance des hommes politiques qui s’obligent à s’enrichir continuellement pour dominer la multitude. C’est de là que naissent, les pratiques d’achat des votes, de paresse d’esprit et de corps, de résignation, d’indifférence et d’abstention devenues faciles et courantes. Elles s’installent dans le corps social et électoral ; bafouent la légitimité des dirigeants et la souveraineté de l’Etat ; favorisent l’incompétence et la corruption pour finalement ramener l’homme politique à l’animalité. 

L’un des attributs normal de la politique est l’impulsion du progrès de l’humanité à travers l’organisation des idées et des convictions chez l’individu ; l’organisation des idées, des principes, des valeurs communes dans les partis et associations  et l’organisation de l’action publique au sommet de l’Etat pour assurer le bien-être de tout le peuple. 

Les politiques économique, culturelle, de la santé, de l’éducation, familiale, sociale, budgétaire, de la décentralisation, de développement, internationale etc. devraient d’abord être améliorantes. C’est en cela qu’une large partie du peuple donne mandat à un groupe  de gens pour conduire son destin dans la confiance et le respect des valeurs consacrées ; au premier chef desquelles le respect de la vie et l’amélioration continuelle des conditions d’existence. 

Tout responsable qui extirpe ces valeurs du milieu du peuple pour les manifester, les incarner et les traduire en actes de progrès collectif, est naturellement adulé des siens. La confiance entre un peuple et ses dirigeants est scellée par le vécu de ces valeurs. Un peuple sait aimer quand il se sent aimé ; de même, qu’il hait quand il est trahi. L’aspect originel noble de la politique a été assassiné au cours du temps par l’homme. 

Pour autant, la noblesse de la politique n’a pas disparu par ce qu’elle portait en elle sa fin, mais bien par ce que les hommes qui sont ses supports sont ambitieux, intéressés, vénaux, égoïstes, éphémères et  insatiables. Dans sa quête de puissance et de pouvoir, l’homme politique renonce aux prescriptions et aux grâces divines pour se tourner vers les pratiques subalternes des hommes maléfiques. 

L’anthropomorphisme poussé à l’extrême le conduit à vouloir se substituer à Dieu par l’utilisation détournée des autres éléments de la création, par l’exercice de l’autorité et par l’argent. Le Pouvoir dont le but est de paraitre et de dominer est différent du Pouvoir qui entreprend l’amélioration des conditions d’existence de l’Etre. Nombreux à travers la planète prennent le pouvoir, soit pour tuer en faisant la guerre aux autres peuples, soit pour s’enrichir et appauvrissant son propre peuple. 

Depuis des décennies, les dictatures du monde ont changé de forme et de méthode. En se parant du costume démocratique, elles légitiment ou légalisent la violence pour lui donner une assise officielle. Aussi, les tueries et les massacres des populations sont désormais intégrés dans la gestion du pouvoir des Etats américains, européens, asiatiques, africains ; qu’ils soient riches ou pauvres. 

Au Gabon, il est de plus en plus évident que l’amitié n’existe pas. Le parjure, les fausses alliances, les faux-semblants, les fausses gentillesses, les fausses promesses, les rires et les sourires hypocrites, les poignées de mains et les embrassades de circonstance, la fourberie…la démagogie sont les caractéristiques de beaucoup de détenteurs du pouvoir. 

Façonnés dans un moule commun, certains hommes politiques gabonais sont si arrogants et imbus de leur puissance qu’ils n’envisagent pas s’en séparer un jour. Erreur humaine au regard des récents évènements internationaux et des dernières années de la vie du pays. Placé hors d’un processus normal, l’homme politique jeune et insensé est déstabilisé par son enrichissement rapide et facile. 

Par la nature de leurs activités, les milieux politiques sont devenus les lieux de rassemblement; un fourre tout où voyous, faussaires, diplômés compétents ou incompétents, faux diplômés suite au tourisme universitaire sont mélangés avec les hommes et les femmes honnêtes et dignes.  

La politique est devenue si dévoyée et si dépravée que la présence signalée d’une personnalité politique dans un quartier, un village ou tout autre lieu, est source d’inquiétudes et de peurs pour les simples gens. 

La politique et les hommes politiques n’inspirent plus confiance. Soupçonnés d’immoraux, de pervers et de toutes les tares que l’on veut imaginer, les hommes politiques sont devenus ou considérés par les populations comme une catégorie sociale dangereuse, voire infréquentable  ou fréquentable pour leur soutirer un peu de cet argent qu’ils ont pris quelque part. 

Il ne fait pas bon d’être homme politique, homme d’Etat, de gouvernement et de pouvoir. Au moment où va s’ouvrir le marché électoral, avec son cortège d’achats de votes, de voix, de conscience qui sont de véritables injures à la dignité des autres, je pense à tous ces compatriotes pauvres et démunis qui, pour 10.000 F ou des cuisses et ailes de dindon, de poulet, des morceaux de queue, de cotis et autres sacs de riz, de Régab etc vont confier leur sort pendant 5 années à certaines personnes veules, incapables de gérer les biens communs, sans relief et sans considération pour les autres. 

Ce qui compte, c’est être au pouvoir sans rien réaliser pour les populations. Si la politique est, en elle-même, sans problème ; les pratiques politiques en revanche desservent leurs acteurs. De prestigieux avocats, pilotes, médecins et autres professions libérales ont quitté leurs admirables professions pour s’essayer en politique et y devenir la risée du peuple. 

D’autres, prédestinés à l’action politique y ont passé des moments douloureux et dévalorisants, par ignorance, inexpérience, naïveté et imprudence… A chaque jour suffit sa peine ! 

Grâce à Dieu, il y a aussi parmi les équipes politiques de tous les bords, des hommes et des femmes d’une compréhension, d’une gentillesse, d’une modestie et d’une tendresse louables. Ces gens marquent une différence avec le gros des troupes, et forment l’exception qui confirme la règle générale. 

A mes lecteurs et aux électeurs, si un homme politique riche vous refuse l’aumône, il ne faut pas lui en vouloir, par ce que tu ne sais pas le mal qu’il se donne pour avoir cet argent. 

En revanche, si vous demandez à un homme ou à une femme politique et que vous recevez, dites merci et priez Dieu pour qu’il les bénisse parce que celui qui vous donne accepte de se dessaisir d’une fraction de bien acquise d’une façon que tu ignores…. 

Sache que « Qui donne au pauvre, prête à Dieu ». 

L’argent de la politique et des politiciens est réputé maudit, en le recevant, évoque Dieu et ait une bonne pensée pour ton donateur. 

Si le don est assorti de contrepartie refuse le, ou alors ne fais que ce qui te sied et avec lequel tu es en harmonie. 

Tu n’es pas obligé de voter pour celui qui te nourrit pour la durée de l’élection. Vote pour celui qui te semble fraternel, aimant et sérieux. Même s’il ne te donne pas un franc, il pourrait te donner mieux que l’argent : la tranquillité, la considération, la Paix, le respect. 

Si la volonté de transférer les compétences aux collectivités locales était réelle et dans le but de préparer la mise en œuvre de la loi sur la décentralisation, on aurait défini un profil type des futurs présidents des conseils locaux et le faire respecter aux partis politiques légaux lors de la confection des listes de candidature. 

Demain, certains conseils seront dirigés par des semi lettrés qui seront à la solde d’individus, certes riches, mais malfaisants et véreux. Dames que c’est triste ! 

LA CANDIDATURE DE JEAN EYEGHE NDONG : ENJEUX ET RISQUES POLITIQUES

Tout le monde le sait maintenant, Jean Eyeghe Ndong est candidat à l’élection du Maire de Libreville. Il se murmure aussi que le Maire actuellement en poste, un autre Jean envisage y rester et que, même une dame du PDG envisagerait briguer cette fonction. Or, ces trois candidats sont tous natifs de l’Estuaire. L’on peut supposer qu’à l’approche de la date de l’échéance fatidique, d’autres candidats, originaires ou pas de Libreville, vont se manifester.  

La fonction de maire de Libreville est très importante aux niveaux politique, financier et stratégique. Jusqu’à présent, seules les personnalités de la Province l’ont occupée, non pas par élection, mais par accord, cooptation et arrangements politiciens fondés sur un partage des responsabilités entre Fang et Mpongwè. 

L’arrivée au pouvoir d’Ali Bongo a créé un contexte qui se veut différent, à bien des égards, de celui d’Omar son prédécesseur. En mettant fin à la traditionnelle pratique d’un premier Ministre natif de l’Estuaire, sous OBO, on suppose que cette innovation pourrait s’appliquer a des fonctions moins importantes. Sauf que, si le scrutin est libre, propre et transparent, comme le veulent les gabonais, tous les futurs maires et sénateurs devraient être élus par les populations de leur circonscription et non désignés par l’exécutif après des combinaisons politiques. 

Ces combines ont été particulièrement mises en œuvre sans discontinuité dans deux communes du pays, où une alternance politique consensuelle a été instituée avec éclat pour le poste de maire de la ville : Fang et Miènè (Mpongwè) à Libreville, et Fang et Mièné (Galois) à Lambaréné. 

Les montages politiques qui consistaient à installer les parents, amis et fidèles à des postes électifs doivent laisser place au choix libre des citoyens. Pour ce faire, il faudrait qu’à tous les niveaux de choix, les électeurs se prononcent librement ; dans les bureaux de vote et dans les conseils municipaux et départementaux élus sans pour autant exclure les alliances normales liées au fonctionnement de la démocratie. 

La mairie de Libreville doit être occupée par un compatriote ayant la réputation d’un patriote charismatique et sérieux, quelqu’un qui ne donne pas l’image d’un individu avide d’argent et d’honneurs. Parmi les candidats proches de ce profil se trouvent, entre autres, Jean Eyeghe Ndong, Jean Jacques Kangué et Florent Mba Sima. Si les deux derniers cités sont membres d’un parti politique, JEN, sauf par extraordinaire, sera sur une liste de candidats indépendants qui devra se donner une dénomination. 

Kangué, en plus de l’expérience acquise en qualité de maire adjoint pendant de longues années, peut se prévaloir de la nécessité d’élire un non Fang (lui) après un Fang. Le calme et la sérénité qui se dégagent de cet homme, que l’on peut qualifier de jeune, sont des atouts pour ce poste. 

Monsieur Mba Sima, que beaucoup de librevillois ont toujours considéré comme le « Maire naturel » de la ville, jouit d’un fort capital de sympathie. Toutefois, sa grande discrétion, ponctuée par son retrait volontaire du monde politique depuis quelques années attirent l’attention des observateurs politiques. L’homme, par son expérience, son dynamisme et sa détermination serait un bon candidat pour la mairie de la capitale. 

Sérieuse ou pas, la candidature de JEN est de nature à pousser la majorité républicaine pour l’émergence à s’organiser pour la conquête de la mairie de Libreville dans la transparence. Par ce qu’elle est une invitation à la transparence. La candidature de l’ancien dernier Premier ministre d’Omar peut être d’une grande portée pour les opposants gabonais ; tant au niveau psychologique, que politique et social. C’est certainement une occasion pour lui de rassembler son électorat, ses compagnons politiques de l’Union Nationale dissoute ; et de jauger sa popularité auprès des électeurs de son siège et partant de la capitale. Pour que cette candidature face entrer JEN et son bord politique nouveau dans l’histoire du pays, elle devrait reposer sur une stratégie de relance et de renforcement de l’opposition ; en particulier de l’Union Nationale, son parti dissout. 

Dans cette optique, le candidat  Eyeghe sera obligé, en concertation avec ses amis de l’ancienne Union Nationale, de former des listes dans d’autres circonscriptions de la ville, de l’Estuaire ; voire du Gabon tout entier. En l’absence d’AMO, il pourrait représenter le recours pour l’opposition gabonaise en quête d’un leader charismatique. Le mode de scrutin proportionnel de liste et les achats de conscience et des votes lors des élections des conseils locaux départemental et municipal font qu’Eyeghe doit mettre en place une forte organisation pour accompagner son projet. 

A priori, tous les patriotes gabonais doivent se réjouir de la perspective d’une éventuelle restructuration de l’opposition avec l’espoir de vivre un processus de démocratisation politique voulue par la majorité des nationaux et proclamé par les dirigeants actuels du pays. 

A ce titre, la candidature de JEN est à suivre avec beaucoup d’attention par les acteurs de la MRE dont certains souhaitent se porter candidats à la mairie de Libreville. La fonction de maire de la capitale du Gabon n’a jamais été, comme celle de maire de la ville de Paris en France, un tremplin pour une future candidature à la présidence du pays. 

Dans l’actuel contexte politique marqué par une volonté de dialogue et de concertation politiques, la conquête de la mairie de Libreville peut, à très court terme, devenir une base arrière pour un politicien, ancien premier ministre, ancien député, ancien candidat à l’élection présidentielle. De là, affirmer que Jean Eyeghe sera la cible des rudes coups de ses adversaires est un truisme ; et penser que tout sera mis en œuvre pour son échec ou son désistement n’est nullement une vue de l’esprit. 

Pour nos analyses à venir, nous attendons connaitre le candidat du PDG et des autres partis ou listes qui seront positionnés en face de ce premier postulant à la plus grande et prestigieuse mairie du pays. Si l’homme est perçu comme un bon candidat, il reste que certaines questions peuvent être posées. 

D’abord : Eyeghe Ndong est-il un homme seul, ou se place t-il dans une démarche unitaire et solidaire avec ses compagnons de l’Union Nationale (dissoute) ? Peuvent-ils mobiliser les moyens financiers et matériels pour supporter une campagne électorale qui comporterait plusieurs listes ? Formeront-t-il avec leurs partisans un Comité ou un Mouvement électoral conjoncturel qui pourrait se déployer à travers le Gabon ? 

Ce Mouvement pourrait-il se transformer en un organe politique structuré, durablement et solidement ancré dans le cadre politique démocratique national ? Les contours de la candidature d’EN peuvent être très politiques et nécessitent une stratégie et une tactique politiques bien huilées et opérationnelles. Les analystes et hommes d’opinions gabonais et étrangers doivent porter une attention particulière à ce projet politique qui parait intéressant pour revitaliser notre processus de démocratisation. 

D’une certaine façon, cette candidature pourrait aussi provoquer des dissensions dans l’opposition. Elle pourrait gêner certains. Il pourrait aussi se trouver que Jean Eyeghe Ndong, qui est un politicien averti, soit placé devant l’obligation de faire une alliance salvatrice avec La majorité. Par expérience, toutes ces éventualités doivent être posées. En effet, devant des blocages et pour atteindre certains objectifs politiques, on a vu dans le passé, des listes communales ayant obtenus 3 conseillers, réussir à placer l’uns d’eux au poste de maire après négociations, pour favoriser l’élection d’un sénateur du camp opposé. 

Quand on a 2 ou 3 membres dans un corps électoral constitué de 15 ou 18 votants et que l’on réussit à être élu maire, cela traduit l’importance de l’enjeu et des intérêts en présence. Si JEN ne réussit pas à être élu maire de Libreville par « les grands électeurs » après avoir été élu conseiller municipal par l’électorat populaire, il lui restera à manœuvrer pour se faire élire sénateur. 

Là également, rien n’est acquis par  avance et sans contraintes. Le mode proportionnel n’est pas du tout conforme au niveau de conscience politique et démocratique des électeurs et des personnalités politiques de Gabon. Les crises qui ont secoué et bloqué le fonctionnement de certains conseils locaux en sont des preuves. Un jour futur, il faut revenir au scrutin majoritaire à deux tours qui permet de stabiliser les institutions, de clarifier les majorités et de favoriser les négociations et les alliances opérationnelles. Il se pourrait que la commune de Libreville soit gérée pour la première fois par un groupe politique qualifié d’indépendant. 

L’homme JEN est perçu comme un compatriote courageux, au langage direct et au franc parlé. Cela lui  suffira-t-il pour créer un mouvement de sympathie autour de son aventure ?  Pour tous les types d’élection, il est conseillé de négocier avant le vote. Les Partis et les personnalités politiques ; les associations et les groupements sociaux qui s’accordent doivent se lancer dans une vaste concertation pour une stratégie de cogestion du pays. 

Au moment où le processus de décentralisation peine à progresser, les élections locales à base de biométrie doivent représenter une occasion pour permettre aux gabonais de se prononcer librement sur le choix de leurs responsables. La qualité des hommes et des femmes compte dans la représentation et la gestion des pouvoirs et des structures de proximité…. 

Nous insistons : il y a présentement à travers le Gabon, des réalisations positives qui sont de plus en plus visibles et qu’aucun homme juste et de bon sens ne peut méconnaître, sauf par fanatisme, par nihilisme et par cynisme gratuits. Ceux qui ont voyagé, ces temps dernier, à travers le Gabon ont dû constater que le Gabon change. 

Depuis 4 ans il y a des améliorations comme jamais connues au cours des 15 ou 20 dernières années avant l’arrivée d’Ali à la présidence en 2009. 

Mais, ces changements et ces progrès sont dévalorisés par un environnement politico-social, humain et économico-financier malsain où transparaissent : absence de considération, mépris, gabegie, impunité, excès de pouvoir, abus de biens sociaux, détournements de fonds, corruption, criminalité, fétichisme et toutes les vilenies qui transforment l’homme en animal féroce et donnent libre cours à l’indifférence et au mécontentement populaire. 

Le porte parole de la Présidence nous a dit que le Chef de l’Etat ne soutient pas la candidature d’Eyeghe. Question : Eyeghe a-t-il sollicité le soutien d’Ali ? Si la réponse à cette question est affirmative, il faut réfléchir, si c’est non ! Pourquoi Eyeghe a demandé à rencontrer le Président ? 

Certes tout citoyen gabonais a le droit de rencontrer son Chef, mais dans le positionnement politique de JEN, cette démarche prend une importance politique non négligeable. Les vrais démocrates sont partisans du dialogue, de la concertation, de la négociation, des accords et des alliances politiques sur la base des principes clairement définis et pour des actions pré déterminées. 

Les personnalités politiques de tout bord doivent faire preuve de responsabilité et de transparence à l’égard du peuple. Ils doivent comprendre que respecter le peuple consiste à lui faire connaitre les actes qu’ils posent, qu’ils soient compris, acceptés ou pas par le peuple. Il est vrai et habituel que, les apartés, les ententes particulières et les conciliabules sont inhérents au fonctionnement des systèmes politiques multipartites. Toutefois, tout cela dépend du contexte politique du moment, et de la qualité des acteurs politiques en présence. 

Roi est mort, vive le Roi !... Quel avantage tire le président de la République en laissant son porte-parole dire au gabonais qu’il a accordé une audience à « l’opposant le plus radical » à son régime et qu’il ne soutient pas sa candidature à la Mairie de Libreville ? 

Il est des jours où se taire est plus noble que parler. 

Ceux qui ont eu l’opportunité d’approcher Omar Bongo peuvent affirmer que jamais, au grand jamais, un tel acte (rencontre avec un opposant radical suite à la demande de ce dernier) n’aurait été traité de cette façon. 

Tout au plus, en cas de rejet de l’offre du demandeur, les médias auraient été insidieusement actionnés et mis à contribution pour déstabiliser ou dénigrer l’opposant sans l’implication directe et visible de la Présidence. 

Les responsables de la majorité républicaine pour l’émergence (MRE) doivent comprendre qu’ils gèrent un Groupe de compatriotes aux conceptions politiques et aux dispositions intellectuelles différenciées, dans une alliance qui a pour but d’améliorer, sans cesse, ensemble le climat sociopolitique du pays et partant la Paix chère à nous tous. 

La gestion des hommes et des femmes, jeunes, adultes et vieux, des simples gens aux notables, cadres, dignitaires… nous oblige à la retenue, à la réserve, au respect des choix des autres, et à la recherche permanente des équilibres et des solutions aux difficultés du pays... Ah ! Si jeunesse savait et si vieillesse pouvait !


8 oct. 2013

LETTRE A MON FRERE ET AMI...O JEAN CHRIST MBINA : POUR SI PEU !

Très Cher...Toi dont le surnom est « Patriote Gabonais », je t’écris pour t’informer de ce que nous vivons au Gabon, dans la province du Moyen-Ogooué, en particulier à Lambaréné.

Comme tu le sais, la Province est située à une sorte de carrefour.

 Les voyageurs qui partent de Libreville pour se rendre au Sud, au nord et un peu partout à l’intérieur du pays passent par le Moyen-Ogooué. Les uns bifurquent par Bifoun vers Ndjolé et plus loin dans le Woleu, l’Ogooué-Ivindo, le Haut-Ogooué, l’Ogooué-Lolo... Les autres continuent par Lambaréné pour la Nyanga et la Ngounié.

Depuis de nombreuses années, Lambaréné souffre de tous les maux communs à toutes les villes qui ont cette position géographique.

La population de la ville est en croissance continue par un fort afflux des compatriotes en provenance des autres parties de la République. Ce phénomène a été accentué et rendu anarchique par des politiciens véreux qui, pour assurer leur puissance et leur domination, ont favorisé ce mouvement pour constituer un électorat captif, au lieu de donner aux arrivants une place normal dans la ville.

C’est cette politisation de l’évolution démographique de la ville qui perpétue un système abject qui fait que les victoires électorales sont toujours en faveur des mêmes groupements d’intérêts communautaires.

Mon cher Mbina, je t’en parle pour que tu fasses comprendre aux gens de Lambaréné et d’ailleurs qu’il faut changer de comportement et de mentalité pour redonner à Lambaréné son caractère pluriethnique normal, où toutes les communautés linguistiques doivent vivre en harmonie en participant librement au progrès de leur lieu de vie.

Je t’écris aussi, toi qui es journaliste, par ce que l’actualité politique nationale est dominée, comme tu le sais, par les prochaines élections locales. Et, bien entendu, les puissants hommes et femmes politiques de la ville se préparent à cette compétition  et fourbissent déjà leurs armes.

Comme tu le sais, ils évoluent tous dans la même catégorie, comme du reste tous les candidats de leur bord politique qui sont au pouvoir depuis des décennies à travers le pays et qui ne veulent pas lâcher prise et se retirer de la vie politique locale pour laisser la place aux jeunes.

La confection d’un fichier électoral biométrique ne changera rien aux comportements, aux habitudes et aux pratiques de ces politicards qui mettent tout en œuvre pour continuer à dominer, sans partage, la vie sociale du pays.

Mbina, pauvreté n’est pas vice, mais il est préférable d’être pauvre, que riche de façon malhonnête, parce que, comme disait quelqu’un, « l’argent gagné malhonnêtement est un venin ».

C’est avec ce venin que les gabonais sont dominés depuis longtemps. Comme les autres citoyens, je me suis fait enregistrer à Lambaréné le week-end dernier. Ce que j’y ai vu est effroyable. Il y a comme une course de vitesse, un concours autour de l’opération dite d’enrôlement, entre les politiciens locaux et leurs filleuls politiques, futurs candidats aux conseils locaux.

Les deux arrondissements de la ville, surabondent d’électeurs, un engouement inédit qui surprend plus d’un riverain et qui est du à un vaste déplacement d’électeurs transportés de l’Estuaire, de l’Ogooué Maritime et d’ailleurs.

J’ai été surpris de voir des compatriotes des autres provinces se faire enrôler à Lambaréné. A la question « vous habitez quel quartier ? et à quel bureau avez-vous l’habitude de voter ? », ils étaient incapables de répondre par méconnaissance de la ville.

Certains avouaient qu’ils avaient été transportés par autocars en prévision de leur vote à Lambaréné moyennant une somme d’argent.

Pour mieux asservir un peuple, il faut d’abord l’appauvrir !

Lambaréné est le lieu de tous les excès : crimes rituels, fétichisme, sectes maçonniques, sorcellerie et vampirisme, délation, viols, vols et abus de biens sociaux, corruption, mépris et arrogance, excès de pouvoir et de position etc.

A l’évidence, un candidat pauvre ne peut jamais mettre en place une opération de ce type, seuls les détenteurs d’énormes moyens financiers peuvent louer des autobus, soudoyer les jeunes, filles et garçons, pour "fidéliser" un électorat en vue de gagner l’élection.

Cher Mbina, peux-tu me dire quelle joie et quel plaisir un Etre équilibré peut ressentir, après avoir gagné les élections avec le concours des personnes qui ne sont pas de sa circonscription ?

Comment peut-on fêter une victoire sans gloire ?

Un illustre auteur français avait dit qu’à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire et, qui peut vivre infâme est indigne du jour. Qu’en penses-tu mon frère ?

Notre parti, l’Union Socialiste Gabonaise (USG) qui soutient l’action du chef de l’Etat n’a pas les moyens pour participer à cette élection. Ce n’est plus l’époque où son fondateur avait les fonds, mais surtout un talent et une intelligence immense, pour conduire des actions politiques qui ont profité à l’USG, au régime d’Omar et à tout le pays.

 A l’époque, l’USG du Docteur Serge Mba Bekale avait « le pétrole (les fonds) et les idées (le savoir faire) ». Aujourd’hui, l’USG n’a plus que des idées et des convictions patriotiques fortes. Elle n’est pas morte et elle aura toujours une place au Gabon, si minime soit-elle.

Nous devons l’introduction de la biométrie dans le système électoral gabonais à Monsieur Pierre Mamboundou, charismatique président de l’UPG, paix à son âme.

Présentement, l’application de ce processus démontre que la transparence électorale est lointaine. La biométrie n’aura pour effet que de « légitimer » la fraude électorale. Ceux qui déplacent les gabonais d’une circonscription à une autre affirment qu’il est légal qu’un citoyen vote où il veut. Cela est vrai, et compréhensible pour l’élection présidentielle. Mais mon frère, les élections locales, qui se prolongent en sénatoriales, sont des élections de proximité. Ce sont les habitants de la localité qui donnent le pouvoir à certains riverains pour gérer leurs affaires communes. Ca n’a rien à voir avec les votants qui n’ont aucune attache à la localité.

Comment un individu né à Lambaréné, à Mouila, à Makokou où ailleurs, où il a sa maison, ses parents, les tombes de ses grands parents, son passé et ses intérêts matériels et moraux qui doit choisir les responsables de leur biens communs, peut-il être amené à s’inscrire dans une autre localité pour voter les responsables de cette dernière ? 

Mbina, il faudrait demander à ces citoyens-électeurs transportés de voter selon leur conscience et leur choix.

Mon cher ami, le Gabon est foutu par ce que les gens de peu de conscience et de peu de valeur l’ont pris en otage avec la complicité de l’étranger. Ces gens sont foncièrement égoïstes et diaboliques. Ils ne se soucient que de leurs comptes bancaires et de leurs intérêts personnels. Ils sont rompus à tous les bas stratagèmes politiques, ils sont grandiloquents, impurs et parjures.

Se croyants immortels, ils ne sont que des mortels, assoiffés d’honneurs et de biens.

Mon frère, évite-les ! Reste pauvre, digne et honnête. Ne sois jamais un riche, infâme et diabolique !

Les autocars ont déversé des centaines de personnes à Lambaréné pour enrôlement. C’est très affligeant de constater que les personnes supposées valables se comportent comme des peignes culs.

Les personnes qui fraudent à 50-60 ans trichent depuis leur jeunesse. Ils l’ont fait dans leurs jeux, leurs études, leur profession, leur foyer etc.

Mon Frère, je t’écris pour te conforter dans la douloureuse ligne de conduite et de vie que nous avons choisie.

Ne change jamais, demeure un homme digne, accroche-toi à ta liberté, crois de tout ton cœur, de toute ton âme, mais sans excès, à Dieu : le seigneur refuse tout excès.

Aime qui t’aime et pardonne à ceux qui nous détestent, lis l’ecclésiaste, ce merveilleux et sublime texte du Roi Salomon, l’ami de Hiram, bâtisseurs du Temple et souviens-toi que parmi les 7 jours de la semaine, chacun de nous a le sien : son dernier.

Evite d’être esclave de l’argent, des honneurs et du sexe. Rentre en toi pour t’accorder avec le divin qui est vivant dans tes tréfonds, méprise les apparats du monde et retiens que l’existence à venir, après la vie sur terre, est plus longue que notre éphémère passage ici bas et que, c’est le seul enrôlement qui dure éternellement.

L’enrôlement aux mairies de Lambaréné centre et d’Isaac étaient sous contrôle à distance par des gourous tapis dans l’ombre. Les téléphones portables y ont largement participé.

Souviens-toi Mbina, qu’ensemble nous avons moult fois rêvé et pleuré sur le Gabon, l’Afrique et le noir.

Après l’esclavage de l’occident, nous voilà esclaves de nous-mêmes, esclaves des nôtres.

Ô Mbina, Dieu est merveilleux ! Il a fait la lumière et les ténèbres, l’homme et la Femme, la vie et la mort pour nous éduquer et nous préparer aux réalités qui seront après la mort.

Pour cette raison, ceux qui sont encore vivants doivent à ceux qui sont morts la reconnaissance en rendant à leurs bonnes œuvres un perpétuel hommage.

Si un jour, un Panthéon, ce monument réservé aux grands hommes d’une nation, est créé au Gabon, certains noms devraient être sélectionnés pour y figurer.

Après plus de 50 ans d’indépendance, nous sommes confrontés aux mêmes difficultés. Le Gabon est l’un des pays au monde où le diable (le mal) a élu domicile.

Le pays souffre par manque d’amour et de fraternité entre ses habitants qui se comportent comme s’ils attendaient que des extra terrestres viendront faire ce qu’ils ont à faire.

La paresse, la culture festive, jouissive et la facilité ont remplacé la rigueur, la discipline et l’ardeur au labeur indispensables à la construction d’un avenir collectif meilleur.

Les élections libres, propres et transparentes sont devenues, pour les populations, un rêve lointain, un luxe inaccessible.

La démocratie est étrangère et n’a aucune emprise dans les Etats nègres. Démocratie sans démocrates n’est que mortalité des valeurs et abattoir d’hommes.

Dans le passé comme aujourd’hui, tous les progrès faits par l’humanité en matière de liberté et de démocratie écrasent leurs auteurs. Il n’y a jamais eu de progrès, de démocratie et de Liberté sans effusion du sang, qui est le prix et la contre partie de ces valeurs. La Liberté, l’Egalité, la Fraternité et les Droits de l’homme légués à l’humanité par la Révolution française ruissèlent encore et toujours du sang des vaillants démocrates républicains, au rang desquels Robespierre, Danton, Blanqui, Desmoulins et de nombreux autres.

Mbina, nous sommes dépositaires des valeurs bâties et confectionnées ailleurs, nous n’en comprenons pas l’essence et par conséquent, nous ne sommes pas capables de les conceptualiser et de les appliquer. Cela ne signifie nullement que nous devons mourir idiots, mais cela signifie que nous devons participer, sans haine et passion, en compagnie des compatriotes sérieux et patriotes aux changements positifs et graduels de notre pays.

Frérot, toi et moi sommes trop vieux et las, après tant d’énergie et d’efforts gaspillés pour des résultats et des progrès médiocres.

Il nous revient à dire aux jeunes générations de prendre part à tout projet qui porterait un minimum d’espoir…

Puisque que ces gens de peu de colère se contentent de peu.

A notre âge, Jean Christ Mbina, il nous reste à attendre le précieux et ultime rendez-vous de l’au-delà, en éduquant notre jeunesse et en vivant par avance notre gloire avenir, acquise au prix de la connaissance de Dieu, et des peines vécues.

« L’homme est un apprenti et la douleur est son Maitre et nul ne se connait s’il n’a pas souffert…».

Mon très cher Frère et Ami, si cela m’est donné, je t’écrirais encore pour te raconter ce que j’ai vécu dans notre pays : torture, humiliations, emprisonnement, privations diverses, mépris et injures…

J’attends ton courrier retour à mon nouveau mail (guynang.bekale@gmail.com) et ton appel téléphonique au numéro habituel.

Ne dis rien de précieux au téléphone, par ce que, comme tu le sais, nos conversations pourraient être écoutées par les gens qui veillent, nuit et jour, sur la sécurité de la république et sur les écorchés vifs comme nous.

Porte-toi bien et que Dieu te garde et te bénisse.

Même si nous semblons avoir tout perdu, il nous reste la Liberté et l’Amour acquis dans la souffrance et les privations qui sont des sanctuaires inaccessibles.

Bien à toi fraternellement.

A bientôt.