13 sept. 2012

ADRESSE AUX DEMOCRATES, AUX PATRIOTES ET AUX AMIS DU GABON

Cette proposition concerne les démocrates de tous les bords et camps politiques : majorité, opposition, Associations et syndicats représentatifs de la société civile et toutes les autres entités laïcs ou religieux de réflexion et d’observation de la vie sociale nationale. Nous reprenons présentement certains arguments contenus dans notre publication de la semaine dernière pour insister sur l’impérieuse nécessité à organiser une « Rencontre de Concertation et de Dialogue National ».


Ce n’est pas faire injure à nos lecteurs et compatriotes, gabonais d’origine et d’adoption, en leur rappelant que nous vivons une période socio-politique très sensible et très préoccupante, caractérisée par un renforcement outrancier et multiforme des lieux de détention et d’exercice du pouvoir étatique légal et républicain, que l’on peut ramener aux principales Institutions officielles qui sont :


- la Présidence de la République, avec les insistantes récriminations à l’encontre du Directeur de Cabinet du Chef de l’Etat ; 

- le Gouvernement dont certains disent, à tort ou par envie, par connaissances ou par jalousie, qu’une fois encore, « le casting est médiocre » ;

- l’Assemblée Nationale, critiquée à cause de la reconduction du même personnage à sa Présidence et l’excessif nombre des députés du seul parti au Gouvernement ;

- la Cour Constitutionnelle dont la longévité du mandat des membres est jugée excessive et détestable par certains compatriotes ; 

- le Conseil Economique et Social dont la pénible mise en place pose problème, les tergiversations sur l’adoption de la biométrie, qui ne changera pas grand-chose à la sincérité des scrutins si elle n’est pas accompagnée de la retouche des autres lois intégrant les Partis et les citoyens. 

A cela s’ajoutent l’arrêt des chantiers urbains de Libreville et l’ambiance post CAN morose et malsaine qui a succédé à l’euphorie née de la Coupe. 

Le silence des partis politiques, de leurs leaders et des autres patriotes et démocrates… 

Ce contexte de fausse accalmie que certains analystes liaient à la présidentielle en France est d’abord le fait des acteurs politiques nationaux au pouvoir qui gèrent de façon incohérente et agressive l’historique processus de démocratisation né à la Conférence Nationale et suivi des étapes de négociations et de concertations consensuelles ultérieures. 

Il est temps que tous ceux qui se réclament de la Démocratie, du patriotisme et du civisme organisent une rencontre nationale pour « faire le point » sur les pratiques et les modalités de mise en œuvre du processus de démocratisation du Gabon sur la période 2005-2012. 

Notre responsabilité à tous est de prévenir et de contenir les abus, les dérapages et autres erreurs politiques, économiques et financières qui peuvent provoquer la remise en question des acquis démocratiques communs, obtenus dans la douleur et les sacrifices et qui pourraient placer le pays dans un précaire et artificiel confort socio-économique et monétaire aux effets catastrophiques pour tous. 

Encore une fois, nous redisons que le Gabon est un pays très spécial dans le monde, en Afrique en particulier. 

Le Président Bongo disait que « le Gabon est une belle fille à qui tout le monde faisait la cour », et aujourd’hui, cette jolie fille ne doit pas devenir une prostituée qui se vend, en faisant le trottoir, à la recherche des prébendes pour sa survie. 

Si dans le pays, il se trouve encore (et il y en a sûrement) des hommes d’honneur, de dignité, d’expérience et de cœur : aimants, courageux, sérieux, ils doivent initier une action pour se retrouver et se rapprocher des dirigeants du pays et des amis du Gabon présents sur le territoire. 

Non pas pour demander des faveurs et des dons, mais pour prévenir et anticiper sur de probables dangers ou catastrophes à venir que quelques indicateurs et signes avant-coureurs inquiétants dessinent. Le Gabon est un pays où de gros intérêts culturels, économiques, financiers, stratégiques des autochtones sont inextricablement mêlés à ceux des étrangers africains, asiatiques, américains et européens dont la France, pays ami du Gabon depuis très longtemps, malgré quelques actes d’infidélité par période et de manque de considération par incompréhension à son égard. 

Aussi, tous nous devons être très vigilants et très attentifs à la gouvernance du nouveau régime et être prompts à l’appuyer en cas de besoin, puisque, aucun Etre sensé ne peut assister à la ruine de son bien et demeurer indifférent à la douleur. 

Dans un pays qui a choisi le modèle de démocratie populaire, les élections se succèdent conformément au rythme d’un calendrier légal préétabli. Ainsi, en 2013, et c’est déjà demain, il y aura les élections locales et sénatoriales, les uns et les autres s’y activent déjà méthodiquement. 

En 2016, c’est la présidentielle, scrutin majeur, dont on peut logiquement et aisément entrevoir, à la fois les contours et les préparatifs dans certains cercles politiques stratégiques très restreints. 

Avant les élections, il y a la vie au quotidien des gabonaises et des gabonais chômeurs, ouvriers, cultivateurs, salariés et retraités maltraités de la Fonction publique, employés du secteur privé et d’autres parias qui ne se posent même plus de questions sur leur raison de vivre, sur leur lendemain et de quoi il sera fait, si les piètres salaires versés aux fonctionnaires et aux employés des entreprises seront payés et disponibles à la fin du mois, etc. 

Au Gabon, l’on peut priver les habitants de la Vérité Démocratique mais, il ne faut pas toucher à leurs salaires... Présentement, tout laisse croire que le régime a fait le choix d’évoluer seul, sans la présence d’une opposition politique structurée. Cette option est gravement dangereuse pour le pays et son Pouvoir qui se priveraient, cas de nécessité, d’un interlocuteur représentatif et crédible pour débattre d’éventuels évènements socio-politiques conflictuels, de portée nationale, qui pourraient spontanément basculer le Gabon dans une situation de crise sociale. 

Gouverner c’est prévoir.



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