21 avr. 2013

L’ETAT, LE POUVOIR ET LES DEMOCRATIES NEGRES CONTEMPORAINES


Depuis des siècles, les malheurs du continent africain ont toujours été provoqués pour les mêmes raisons et par les mêmes auteurs. Les raisons sont d’ordre mercantile : c’est-à-dire économique, commercial et financier. Les auteurs de nos difficultés et de nos crises sont d’une part, les pays dits puissants qui sont à la recherche des produits pour assurer le bien être de leurs peuples et d’autre part, les gouvernants et dirigeants des peuples noirs. 

La domination de notre race et de notre continent a commencé avec l’arrivée des représentants des « puissances occidentales » qui recherchaient des sphères d’influence à travers la planète.

Dans cette quête destinée à s’accaparer des produits naturels indispensables à leur progrès, les « occidentaux » ont commencé par vider les territoires indigènes en récupérant nos forces vives de travail pour les affecter à leurs propres unités de production. 

Cette déportation des énergies a largement bénéficié de la complicité des chefs autochtones, dont la connaissance du monde se réduisait à leur village ; ce qui ne leur ne permettait pas de savoir que d’autres peuples, vivaient dans des espaces lointains organisés en développant les outils de leur domination et de leur puissance, en concurrence ouverte avec d’autres. 

Toute la problématique entre les pays puissants et nos pays pauvres ; tout comme les relations conflictuelles entre les gouvernants noirs et leurs propres peuples ont un point de départ commun qui est l’esclavage. Le trio : puissances étrangères, dirigeants africains anciens ou nouveaux et peuples faiblement conscients des enjeux et des moyens  de leur progrès forme le socle du déshonneur et de la domination des Etats noirs contemporains.

Qu’est ce qui peut justifier qu’après avoir formé des personnes dans ses prestigieux  instituts, écoles et universités ; les anciennes puissances coloniales, dont la France, n’arrivent pas à comprendre et à concevoir qu’il est plus avantageux pour eux et pour les noirs d’avoir à la direction de leurs Etats des chefs qui ont accédé aux valeurs qu’elles ont introduites dans les territoires anciennement colonisés ? 

Pourquoi des universitaires, des énarques, des polytechniciens et autres de France n’encouragent pas et ne conçoivent pas que nos pays soient dirigés par des gens aux cursus, aux profils, aux formations voisines ou identiques aux dirigeants de chez eux ?  

Quelles explications donner au fait qu’en Afrique, ce sont  ceux qui recourent à la force, à la violence, aux armes ou qui n’ont que des connaissances approximatives sur l’histoire de l’humanité, sur les fondamentaux enjeux de la mondialisation ; qui ont l’appui des puissantes institutions qui se réclament des droits de l’homme ? 

Pourquoi toute exigence de type « nationaliste » prise par un dirigeant pour améliorer les cadres de vie de ses compatriotes est perçue par l’occident comme un « casus belli » ?

Pour éviter les abus de pouvoir  de la part des chefs, pour éviter l’insurrection populaire et pour éviter les rébellions armées, il faudrait qu’un vaste plan de clarification contenant et déterminant les modalités pratiques sûres et incontestables de prise, d’exercice et de succession du pouvoir d’Etat soit confectionné par les organismes internationaux occidentaux et africains qui forment la « Communauté Internationale » et dont l’influence sur les pouvoirs nègres est notoirement  avérée, en particulier lors de leurs interventions, parfois, brutales, dans les crises sociopolitiques internes des Etats, lors des soulèvements populaires ou des conflits post électoraux. 

La volonté de domination des Etats puissants et l’appétit de pouvoir des personnalités  constituées en oligarchies tribalistes ou confessionnelles noires  sont la cause  de la perpétuelle déstabilisation du continent noire, dont sa partie francophone est la plus concernée. 

Aux revendications socioéconomiques des habitants s’ajoutent celles qui relèvent du pouvoir d’Etat : Liberté politique, transparence électorale, respect des droits des citoyens, liberté d’expression, liberté de presse, liberté d’entreprendre…Bref de la gouvernance et la gestion de l’Etat pour assurer aux peuples les conditions de vie tranquille et épanouissantes de façon durable. 

La lutte pour la Liberté, pour toutes les libertés, concerne à la fois les chefs d’Etat, les Gouvernements, toutes les Institutions de régulation de la politique publique et les peuples. Il faut éviter que chaque élection, « mineure ou majeure » organisée dans un pays africain ne devienne source de crise sociopolitique. 

Qui sont ces observateurs internationaux neutres et objectifs qui viennent les superviser sans connaitre les contenus des lois politiques (sur les partis politiques), des outils électoraux (liste électorale) et la configuration territoriale (démographie, communautés linguistiques) des Etats ? 

Que faut-il comprendre quand ils disent que «  malgré quelques manquements et quelques anomalies, le scrutin s’est globalement bien passé » ?

Après l’harmonisation du droit des affaires pourquoi n’engagerait-on pas un chantier pour confectionner un « Code de Bonnes Pratiques Politiques, Electorales et des Droits du Citoyen Africain : CBPEDCA » applicable dans tous les Etats qui en seraient membre, en commençant par les Etats de l’Union Africaine. 

Les enjeux politiques, sous tous les aspects, ont causé trop de dégâts dans les pays noirs depuis des décennies : guerres, assassinats, destructions des infrastructures, favoritisme, tribalisme, copinage… impartialité des gouvernants et des institutions officielles qui sont autant de formes d’agressions physiques, morales, intellectuelles.

La situation de guerre qui a mobilisé les chefs d’Etat de la CEMAC autour du Président Ali Bongo pour traiter de la préoccupante situation entre le président centrafricain et ses propres compatriotes et compagnons d’armes est le dernier épisode qui dénote de la faiblesse, de la fragilité et de la mauvaise gouvernance africaine. 

Quand un individu ou un groupe d’individus s’installent à demeure au sommet de l’Etat par la ruse ou la force, il faut s’attendre que tôt ou tard, d’autres individus contestassent leur position. Il y a nécessité de réorganiser les procédures, les moyens et les bases sélectives des candidats qui se destinent à accéder et à séjourner à la direction des pays. La qualité de certains dirigeants africains et leur politique passée ont donné à croire que n’importe quel individu pouvait diriger un peuple. 

Des notables indigènes, des commis coloniaux et autres caporaux téméraires et audacieux se sont retrouvés à la direction des peuples avec le concours des puissances extérieures dans le but d’avoir des interlocuteurs incultes, analphabètes, étroits d’esprit et malléables.

L’époque actuelle est caractérisée par la mondialisation qui doit permettre à chaque pays de se donner les moyens de se sentir à l’aise, à sa manière, dans ses relations de partenariat avec tous les autres. Aussi, les peuples doivent se donner librement leurs chefs, même s’ils se trompent en choisissant ; tout comme ils doivent avoir la possibilité de les destituer quand ils le jugent opportun. 

A l’intérieur des Etats multilinguistiques, il demeurera une force rétrograde qui s’opposera toujours à toute cohésion : c’est le tribaliste dont le début de traitement et de solution se trouve dans la pratique transparente de la « Justice Sociale pour tous », c’est-à-dire la justice sous toutes ses formes. 

L’application équitable de la loi envers tous les citoyens est une base de prise de conscience qui rapproche indubitablement le peuple avec ses dirigeants. Des chefs bien élus, légitimes et pratiquant la justice garantissent la réduction du nombre et de la fréquence des crises sociales faciles, spontanées, partisanes et  politiquement nuisibles pour les gouvernants et le pays. Se destiner à conduire la destinée d’un peuple dans le monde actuel impose une bonne formation, une connaissance de la logique internationale, une expérience et un réel parcours professionnel ; la formation et la compétence dans  l’une des disciplines qui régissent les relations entre les Etats… Et aussi, obtenir le suffrage majoritaire du peuple. 

Plutôt que de se réunir pour ramener les rebelles à de meilleures dispositions à l’égard des autorités centrafricaines, il faut rechercher les causes profondes qui poussent l’institution supposée la plus disciplinée et la plus armée d’une république à se révolter contre celle qui incarne le sommet de l’Etat, le pouvoir suprême. La Démocratie n’est pas force, elle est liberté et respect. Etat républicain, Pouvoir populaire et légitime et Démocratie apaisée et partenariats internationaux rentables ; telles sont les bases d’espoir pour l’avenir des pays et peuples d’Afrique au cours des dix prochaines années.

Au Gabon, l’introduction de la biométrie dans l’organisation des élections, et donc de la passation des pouvoirs par mandats de confiance, est présentée comme le début d’une clarification, voire de la solution adaptée aux problèmes politiques liés à l’accession ou à la succession aux pouvoirs. 

L’adoption de la biométrie, en tant que réforme améliorante du dispositif de la politique électorale actuelle, ne pourra avoir qu’une portée limitée. Seul un pouvoir en phase finale de son règne est susceptible d’engager une telle réforme avec audace, détermination et la volonté de la faire aboutir. 

Si 2025 est fixé comme l’année de la perception concrète de l’émergence du Gabon, il en découle que c’est le point d’achèvement des principales réformes engagées par le régime d’Ali Bongo. La biométrie ne transformera pas par magie les mentalités et les comportements des acteurs étatiques, des politiques, des candidats et des électeurs. Le processus d’évolution vers la transparence électorale sera lent et sous contrôle institutionnel. 

Peut-on imaginer un Gabon formé d’une base économique prospère, de réalisations sociales convaincantes et bénéfiques pour les citoyens coexistant avec un système politique peu ouvert et en déphasage avec la demande de démocratie et de dialogue ? 

Face à cette éventualité configuration, le camp du pouvoir doit subir une recomposition qui verrait émerger des personnalités politiques honnêtes, sincères ; de vrais patriotes démocrates soucieux de « l’équilibre des forces » et de la liberté d’expression dans une saine compétitivité politico idéologique qu’il faudrait réintégrer dans l’évolution de notre Démocratie. 

Sans une telle perspective politique, les succès, les réalisations et les bons résultats économiques et financiers seront dévalorisés ; tandis que les insuffisances et les faiblesses en matière de la démocratie politique serviront de socle aux revendications et aux contestations populaires. Mettre en harmonie les actions économiques avec les actions sociales et politiques est une œuvre qui nécessite une Réforme Globale à placer sous la logique de la Démocratie Libérale et Sociale. 

Dans sa proposition pour le Gabon, l’Union Socialiste Gabonaise (USG), parti signataire de la charte de la Majorité Républicaine pour l’Emergence est adepte d’une Démocratie Economique et Sociale. 

Pour l’USG,  « La Démocratie Economique et Sociale consiste à créer des emplois et des revenus pour le plus grand nombre des citoyens et/ ou à les inciter à créer des entreprises… C’est la Démocratie Economique et sociale qui conduira à l’indépendance et à l’Emergence réelles du Gabon et de l’Afrique. Elle est de nature à atténuer les crises sociales ».

Ceci étant, Démocratie sans démocrates n’est que mortalité des valeurs et perte de temps.

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